Ce volume contient les contributions au colloque « Lire Althusser aujourd’hui » organisé les 16 et 17 octobre 1995 à l’École normale supérieure par l’Institut Mémoires de l’Édition Contemporaine.
La publication de L’avenir dure longtemps, puis de nombreux autres inédits, jointe à l’ouverture aux chercheurs de ses archives, déposées à l’Imec, ont donné à la pensée de Louis Althusser un regain d’actualité, indissociable d’une profonde modification de la lecture qui peut être faite de l’ensemble de son oeuvre. On ne peut pas lire aujourd’hui Althusser comme on le faisait de son vivant : tel est le présupposé sur la base duquel a été organisé ce colloque, dont l’objet se résume dans son titre même. Chacun à sa manière ces exposés, publiés dans l’ordre où ils ont été prononcés, tournent ainsi autour d’une même question : qu’est-ce que lire Althusser aujourd’hui ?
François MATHERON
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1. Au début de L’avenir dure longtemps, nous trouvons cette surprenante déclaration d’intention : « Hélas, je ne suis pas Rousseau. Mais formant ce projet d’écrire sur moi et le drame que j’ai vécu et vis encore, j’ai souvent pensé à son audace inouïe. Non que je prétende jamais dire avec lui, comme au début (...)
I
Si l’on cesse de privilégier telle époque ou tel problème exprimé par Althusser, pour avoir avant tout une perspective, on s’aperçoit de l’existence des deux mouvements opposés.
D’un côté, Althusser essaie sans cesse d’aller de l’avant, d’accélérer la vitesse de sa pensée. « Il faut aller plus (...)
L’interdit biographique d’un individu sans œuvre
Althusser a fait l’objet d’une publication posthume. Celle-ci a révélé une oeuvre qui à son tour, entraîne une réévaluation de ses oeuvres anthumes. Ce paradoxe est redoublé si l’on ajoute l’interdit biographique qu’il a longtemps entretenu (...)
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La recherche de l’unité de la connaissance et de l’action, c’est-à-dire l’appréhension du politique en tant que praxis intellectuelle transformatrice, constitue le fil rouge du matérialisme moderne et contemporain. Cela signifie que pour le matérialiste, et plus encore pour le marxiste, la pratique politique doit se (...)