Revue des revues

Mise en ligne janvier 1996

Critiques Sociales, n° 5-6, janvier 1994, « L’accumulation primitive des handicaps » (168, rue Cardinet, 75017 Pans).
Espaces et sociétés, n° 78, 3/1994, « Méthodes et enjeux spatiaux », (5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris).
Histoire, économie et société, n° 3, troisième trimestre 1994, « Lectures dr la ville (XVe-XXe siècle) » (88, boulevard Saint-Germain, 75005 Paris).
Revue d’histoire moderne et contemporaine, tome 42, n° 1, janvier-mars 1995 (44, rue du Four, 75006 Paris).
Revue française de science politique, n° 1, février 1995, « La ville objet politique, objet de politiques », (Presses de la FNSP, 44, rue du Four, 75006 Paris).

Les études consacrées à la « ville » souffrent des ambiguïtés suscitées par les stratégies même qui conduisent des entrepreneurs de recherche, quel que soit leur champ disciplinaire, à établir cet « espace de vie » en objet digne d’être analysé. Selon les stratégies administratives ou universitaires adoptées, les articles revêtent, en mobilisant le plus souvent avec peu de distance des catégories forgées en dehors de l’espace scientifique, soit l’aspect d’un interventionnisme social soit un aspect plus analytique. Cette ambiguïté d : statut qui n’est pas étrangère à la manière dont la « ville » a été constituée en « problème » autant qu’en « objet » ni même étrangère à l’émergence conjointe, désordonnée et concurrentielle d’un nombre imposant d& spécialistes de la « ville ». Les luttes et la diversité des démarches recensées dans les revues présentées reproduisent clins le débat scientifique la concurrence entre les spécialistes « de terrain » revendiquant des compétences et des savoir-faire variés à son propos. En premier lieu, les auteurs s’interrogent sur le niveau pertinent spatial d’analyse pour étudier non plus la « ville » mais les relations sociales qui ont pour cadre cet « espace vécu ». La « ville » n’est donc pas le véritable objet mais apparaît comme un abus de langage, une métonymie voire une substantification qui a l’avantage d : regrouper sous la même appellation un ensemble d’études hétéroclites dont les liens apparaissent de prime abord très lâches.
« Entité monstrueuse, la ville paraît souvent insaisissable dans sa totalité. » Jacques Bottin et Alain Cabantous inaugurent le numéro d Histoire économie et société qui publie des communications présentées aux séminaires que l’Institut d’Histoire Moderne et Contemporaine a consacré à la ville en 1991-1993. L’unité administrative et spatiale que la ville semble constituer n’est-elle pas trop vaste pour les tenants d’une histoire sociale minutieuse ? En ce sens, le « quartier », catégorie n’ayant jamais fait l’objet d’une institutionnalisation complète et autour de laquelle sont centrés la plupart des articles, ne concilie-t-il pas les conditions d’un travail historique individualisé avec les exigences d’une restitution exhaustive d’un vécu urbain ? À partir d’une problématique nominaliste, les travaux présentés analysent la manière dont l’espace-vécu-quartier et les significations qu’on lui prête varient du XVème au XXème siècle en fonction de la diversité des activités et relations sociales qu’il abrite. Si à l’instar d’Alain Cabantous les différences d’activités et de vécus entre le quartier du Soleil Noir de Saint-Étienne étudié par J.-P. Burdy et le quartier du Sentier de Paris sont soulignées, les auteurs n’interrogent cependant ni l’origine de cette catégorie ni les stratégies de ceux qui ont concouru ponctuellement à la mettre en forme.
La « ville » n’est-elle pas un enjeu qui orientent les luttes entre groupes sociaux qui y résident, ses subdivisions et son mode de gouvernement étant dès lors le résultat de rapports de forces plus ou moins sédimentés ? En analysant les modifications des pratiques de désignation des prévôts des marchands et des échevins dans la « bonne ville » de Paris du XVème siècle au XVIIème siècles, Robert Descimon montre l’importance de « l’activité ouverte ou souterraine des corps qui se disputaient les prestiges et les profits de l’Hôtel de ville ». La pratique élective n’est aux côtés de la résignation » et de la « vénalité » qu’un des modes possibles - et sans doute marginal - de désignation des échevins et des prévôts des marchands. Ces modes apparaissent comme autant de ressources aux mains de bourgeoisies de plus en plus segmentées mais contraintes de rechercher un rapport de forces équilibré au sein de l’Hôtel de ville.
Dans son article « Le quartier, espace vécu à l’époque moderne », Alain Cabantous mobilise également une très large information couvrant plusieurs siècles pour rendre compte de la variété des sens à partir de la variété du vécu, tant des populations étudiées que des historiens qui les étudient. Il nous rappelle que la « ville » n’est pas un objet classique pour les historiens : il fut importé dans la discipline à partir de la géographie et de la sociologie (École de Chicago notamment). Les origines non historiennes de cet objet, les types de savoir-faire et de données dont elle conserve la mémoire confèrent aux analyses centrées sur le « quartier » une ampleur et un intérêt tout à fait particuliers pour les lecteurs d’histoire et de sciences sociales.
Quant à J.-P. Burdy, il consacre son propos à la critique de la pratique de l’étude spatiale du quartier. « Le risque tautologique nous est rapidement apparu être assez grand. En étudiant un quartier/faubourg a priori délimité, on est sûr de trouver.._ le quartier, défini par les pratiques sociales et la mémoire partagée d’une partie de ses habitants. » Confronté à cette aporie, l’auteur propose une démarche prosopographique qui s’appuie sur l’accumulation d& biographies collectives prenant en compte la « totalité des itinéraires et des pratiques, sur plusieurs générations ». « Les configurations sociales de la ville doivent donc être analysées en termes de dynamiques, pour lesquelles le quartier n’est pas en soi un espace suffisant ».
Soulignons deux articles de la Revue d’Histoire Moderne et Contemporaine qui nous invitent à compléter la réflexion en revenant sur les dimensions plus traditionnelles de la « ville ». Jacques Bottin dont nous avons déjà évoqué la participation dans la revue précédente nous révèle un travail de recherche consacré à l’histoire économique de Saint-Malo. « Messieurs de Saint-Malo » est tout entier consacré à l’analyse des négociants. Ce groupe social, à la fois restreint et homogène, est à l’origine du développement économique de la ville mais son succès et les stratégies d’aristocratisation que ses membres vont déployer vont conduire à son éclatement et souligner sans doute quelques handicaps de la ville, à savoir « sa position excentrée dans l’espace français » et « ses dimensions démographiques modestes ». La recension par Jacques Bottin de l’ouvrage d’André Lespagnol nous convainc de l’intérêt à mobiliser cette étude dans l’analyse des fondements sociaux des activités économiques et commerciales. Groupe restreint et cadre géographique limité permettent d’envisager dans ce cas une saisie globale du phénomène. Au moyen d’un long parcours minutieux, l’article de Madeleine Lassère nous restitue comment « pas plus qu’il n’y a d’égalité devant la mort, il n’y a d’égalité dans la mort même et les conditions de fortune continuent à peser bien au-delà du trépas, ... ». La mort est dans la première moitié du XlXème siècle l’objet non seulement de grandes différences d’apparat lors des cérémonies mais aussi d’une précarisation du droit à l’inhumation, qui ne se résorberont en partie qu’à la fin de ce siècle. La possibilité du recueillement, d’une ostentation du travail du deuil sans laquelle la clôture de la souffrance ne peut être effectuée est de fait constamment l’objet d’incertitudes affectant le processus de socialisation de la mort.
À l’opposé d Histoire Économie et Société qui bon gré mal gré privilégie dans la définition de son analyse les catégories instituées désignant l’espace administratif, Critiques sociales a choisi de restituer des biographies individuelles qui dessinent un espace vécu et le poids de ses relations : espace construit par les acteurs plutôt qu’espace imposé par l’observateur, regard sociographique versus regard historique. Critiques sociales, édité par l’association du même nom, « regroupe des chercheurs en sciences sociales et des militants des différents horizons de la gauche ». Revue de sciences sociales engagée, elle entend lutter contre la « perte des références politiques, brouillage des catégories de perception du monde social, [...1 perte des repères scolaires et désorientation des parents ». Ce numéro est le troisième volet d’un travail collectif, consacré à la « désorientation », qui s’est mis en place progressivement dans le n° 2 sur le racisme et le racisme de classe puis dans le numéro 3-4 sur l’enseignement secondaire.
Dans ce numéro consacré à « l’accumulation primitive des handicaps », Critiques sociales met de côté le slogan « la ville est un problème » et conteste le fait qu’on lui impute l’origine de tous les maux de notre société. À contre-pied de cette vulgate, sont convoquées les démarches sociologiques et ethnologiques qui ont animé notamment Pierre Bourdieu et son équipe dans La misère du monde. Ce double numéro entend mettre en avant une posture di recherche qui promeut des terrains d’investigation (cages d’escalier, cités, banlieues,...) trop longtemps délaissés. Par ces biais, cette revue entend se démarquer des approximations du langage journalistico-politique pour mieux restituer la force d’une parole dominée et contribuer ainsi à ne pas adjoindre une misère de mots à la misère du monde. Les mots justes naissent des témoignages de ceux que les maux assaillent.
Les contributions sont ordonnées autour de deux axes. Le premier s’intéresse à l’accentuation de la vulnérabilité sociale à partir du double rapport à l’école et à l’emploi. Le second approfondit la question en s’ intéressant à la spatialisation des rapports sociaux et à la relégation spatiale de ceux dont la faiblesse des ressources sociales se traduit par une réduction des chances, au sens de Norbert Élias, mais aussi par une restriction des choix.
La dynamique du déclassement des individus par l’habitat analysée par Élisabeth Pasquier à partir d’une série d’entretiens et d’enquêtes réalisés dans l’ensemble HLM de Malakoff’ à Nantes fait partie de ces mécanismes de ségrégation sociale. Cet ensemble, à l’origine résidentiel et doté de normes élevées de confort, subit une action de déclassement dont le principe est à rechercher dans les mutations qui affectent ces dernières années la ville di Nantes : évolution de l’emploi et accès à la propriété facilité. Les inégalités dans la mobilité sociale et la sélection par l’habitat qui en est la conséquence vont concourir à dévaloriser cet ensemble HLM. La société gestionnaire enregistrera imparfaitement ces mutations. En effet, l’auteur découvre une distorsion importante entre les données fournies par le fichier de l’organisme gestionnaire et les observations et informations recueillies sur le terrain. Entre ces deux moments, souvent plus de dix années se sont écoulées. C’est dans la mise au jour de l’amplitude des trajectoires des locataires, souvent totalement inaperçues par les acteurs institutionnels de la gestion de l’habitat, que réside l’intérêt de cette étude.
À partir d’une série d’entretiens, l’article de Stéphane Beaud dépeint l’importance des stratégies scolaires pour tous ceux dont la position sociale rend difficile l’acquisition d’autres ressources. Les démissions de l’école publique, soulignées et différemment interprétées par les parents d’élèves CL quartiers ouvriers de Sochaux, sont d’autant plus dommageables qui elles contribuent à ruiner une partie des espoirs liés à la fonction de sélection et promotion qui lui étaient jusqu’à présent attribuées. Cette défaillance di l’institution accompagne une évanescence des liens sociaux, familiaux, professionnels ou de voisinage qui suscite chez ces témoins comme chez les lecteurs un sentiment de spleen social. Cependant, la restitution de ces trajectoires, si différentes et pourtant si proches, projette en ombre chinoise ce que leurs catégories de perception du monde social doivent à l’incorporation CL leurs positions et des chances qui y sont associées (Gérard Mauger) mais aussi à leurs confrontations quotidiennes avec les représentations et valeurs dominantes d’un monde social qui n’est pas vraiment le leur mais dont ces populations doivent tenir compte pour gérer leur rapport au monde (Stéphane Beaud).
Autre revue, autre approche. Dans Espaces et sociétés, les niveaux d’analyse spatiale y sont peu discutés et la restitution des trajectoires sociales complètement exclue au bénéfice d’un inventaire non exhaustif dis regards qui peuvent être portés sur les espaces urbains. Les diverses origines (science économique, regards administratif, sémiotique, ou anthropologique) offrent au lecteur l’efficacité de leur usage croisé avec des bonheurs divers, en dépit de l’absence de toute interrogation épistémologique.
Guy di Méo nous invite à nous méfier de l’évidence inscrite dans les notions de« territoire » ou de « patrimoine » en réfléchissant à la « patrimonialisation » du « territoire » et de ses composantes, aux redéfinitions qui résultent de ses usages sédimentés. Cet auteur dessine la possibilité d’une anthropologie de ces territoires de mémoire qui concourent à mettre en forme notre mémoire. Ce travail de la mémoire, travail sur l’identité, semble être aussi une des préoccupations de Bruno Leydet qui a choisi de consacrer toute son attention non pas à des lieux de mémoire mais à des lieux (communs) publicitaires. Selon l’auteur, ces productions éphémères que sont les publicités ont partie liée avec la construction d’une identité urbaine. Il choisit de les analyser à partir des ressources de la sémiologie : dégager la construction du message par ceux qui le mettent en oeuvre. Son sens et son efficacité peuvent ainsi apparaître au travers de ses occurrences pour être ressaisis in fine dans le thème d’un sentiment identitaire propre à l’urbanité que les stratégies publicitaires, selon lui, ne créent pas mais concourent à gérer comme un patrimoine.
Les contributions de Franck Molaert et de Lila Léontidou puis de Jean Marc Stébé exemplifient l’alternative d’un autre regard que légitime communément le savoir économique et les techniques d’évaluation. Évaluer l’évaluation suppose en bonne logique l’affirmation d’une posture « méta » revendiquée par Jean-Marc Stébé mais à bien des égards par les deux auteurs CL l’article précédent, la posture économico-administrative se voulant toujours peu ou prou une posture de surplomb.
La Revue française de science politique entreprend d’interroger la formation de l’objet « politique de la ville » et son extraordinaire succès dans les grandes métropoles ces dernières années. Plutôt que de prendre cet objet dans son évidence naturalisée, elle construit un regard qui valorise la sociologie des acteurs, la définition et la redéfinition des institutions qui y interviennent. En même temps, elle nous restitue le paysage théorique, essentiellement anglo-saxon, qui contribue à fournir l’essentiel des problématiques à propos de la « ville ». Mais l’expérience française est évidemment privilégiée. Comment la ville a-t-elle été imposée comme un niveau pertinent d’intervention administrative pour l’ensemble des acteurs politiques ? Dominique Damamme et Bruno Jobert tentent de répondre à cette question à partir de l’examen de sa principale manifestation au niveau central : la création de la Direction Interministérielle à la Ville (DIV). La promotion concomitante d’une nouvelle politique centrale et désectorisée a remis en cause les compétences ministérielles spécialisées et leurs délimitations au bénéfice de l’action interministérielle, pendant central de la promotion ri l’objet politique « ville ». Surgissant de cette conjoncture, la figure di l’ « État animateur » rencontre elle aussi les contradictions de l’institutionnalisation de cette nouvelle politique sous la l’orme de la création d’un ministère de la ville qui pourrait être qualifié de ministère de l’interministériel. Or, la dynamique qui avait présidé à l’émergence d’une politique « totale » de la « ville » supposait une action centrale transversale à un grand nombre de ministères. Leur efficacité était escomptable dès lors que leurs différents fonctionnaires n’étaient pas menacés dans leurs savoir-faire et leur savoir-être par l’émergence d’une nouvelle structure qui concourt à redistribuer et à mobiliser les moyens leur étant auparavant dévolus.
L’article de Jean-Pierre Gaudin s’attache à comprendre comment, dans les années 80, le développement des politiques de la ville a pu s’appuyer sur la constitution de réseaux locaux dont les ramifications s’étendent largement au6delà des villes. Comment ces réseaux ont-ils concouru à mobiliser les élites locales et les leaders d’opinion pour obtenir sur le terrain de manière très diversifiée la mobilisation et la répartition de nouveaux moyens matériels qui, à certains égard, peuvent être compris comme une réponse aux mutations di l’État providence ? La bipolarité classique entre le centre ministériel et le local s’estompe quelque peu au bénéfice de nouveaux acteurs qui vont concourir de façon nouvelle à définir l’activité politique locale. Cette question est aussi au coeur de l’article de Patrick Le Galès consacré à la « gouvernance urbaine, à ses enjeux théoriques et à ses significations. Ces deux derniers articles explorent l’un des aspects les plus importants des politiques de la ville à savoir le phénomène de négociation et co-élaboration dans la définition des politiques locales et dans l’allocation des ressources qui lui sont liées. Mais la « négociation en réseaux dans les démarches contractuelles deviendrait-elle à la fois le moyen et la fin d’un agir politique qui se développe aujourd’hui si vite en France à la marge de l’agir général ? ». Ce qu’il est convenu d’appeler une réticulation politique et ses effets d’ « horizontalisation » marquerait le recul relatif des effets de « verticalisation » des anciens réseaux et des politiques ministérielles qui leur sont liées, en mal de légitimité depuis les années 80, époque de l’approfondissement de la « crise ».
En analysant l’extension de l’importance des politiques locales à partir du concept de gouvernance urbaine, Patrick Le Galès prend soin au préalable d - restituer son origine anglo-saxonne et les débats qui l’animent. Il examine alors le rapport que ces politiques locales entretiennent plus généralement avec l’État mais aussi en quoi elles sont le résultat d’interactions de réseaux locaux privés, entreprises, groupes d’intérêts mais aussi de l’insertion d’agences étatiques dans le local. La multiplicité de ces agences et des fonctions qu’elles assument laissent penser qu’elles concentrent l’essentiel de l’activité déléguée des directions locales des politiques dont les maires sont les animateurs. Dans le cas de grandes métropoles, ces derniers peuvent être en relation avec plusieurs dizaines d’autorités déléguées en charge de budgets et de moyens matériels dans des domaines spécialisés. « Le concept d : gouvernance urbaine renvoie donc à une vision élargie du gouvernement des villes au-delà des autorités locales et de l’État ». Un des paradoxes réside dans la valorisation de la ville dans sa dimension et son action économiques au moment même où son rôle dans la définition des stratégies industrielles et économiques régresse. Cet aspect pourrait marquer en France l’émergence d’ un nouveau type de modernisation économique en rupture avec celui de l’après-guerre qui s’appuyait essentiellement sur la centralisation étatique et la formation de grandes entreprises dirigées par les membres de grands corps d’État. L’action économique elle-même serait mise en réseau. Remarquons toutefois que les organisations patronales, les chambres de commerce et d’industrie voire les grandes centrales syndicales n’ont sans doute pas été touchées dans les mêmes proportions par ce phénomène. Pour toutes ces organisations, la capacité de négociation et de décision est encore largement centralisée. Ce qui conduit l’auteur à constater que les intérêts privés sont beaucoup moins localisés dans les grandes villes françaises et britanniques qu’aux États-Unis.
L’ensemble de la revue ne nous guide pas dans l’analyse du dédale des thèmes et des politiques particulières qui tour à tour ont pu faire les beaux jours de la une de la grande presse des dernières années. Elle nous donne néanmoins les moyens de ressaisir un vaste objet aux contours diffus en mobilisant les moyens d’une sociologie comparative des acteurs et l’efficace de quelques concepts.



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