Impossible en apparence de remettre en question le savoir en tant que tel ; tout au plus,éventuellement, peut-on questionner sa transmission, sa diffusion. Ou bien dénoncer la perméabilité toujours plus grandedes recherches scientifiques aux lois du marché. A s’en tenir à cette apprente impossibilité, on renonce à faire de la production du savoir elle même un enjeu politique,
Autrement dit on garde une séparation entre le soi-disant contenu du savoir et les formes de sa transmission, de sa mise en pratique, de sa diffusion,etc.cette sépaeation réserve l’élaboration des contenus à un ensemble de savants, d’experts qualiiés, d’instances compétentes ; à quelques catégories socio-professionnelles reconnaissables, identifiables, qui seraient les seuls producteurs de savoir
C’est contre une telle séparation que nous voulons mettre au jour, la dimension politique intérieure à l’édification des savoirs et lesenjeux qui apparaissent au coeur même de cette édification et qui de diverses manières nous concernent tous. parceque ces enjeux sont multiples, ils ne sauraient être envisagés dans une seule perspective.
Que se passe t-il lorsqu’un savoir cherche à se faire reconnaître comme science ? C’est une des questions qui dirigent le travail d’Isabelle Stengers. Dans le premier tome de la série des "Cosmopolitiques"( les Empêcheurs de penser en rond 1996-1997), elle montre qu’une telle reconnaissance repose trés logiquement sur la disqualification, c’est à dire sur l’exclusion des savoirs considérés comme non valides, conformes aux modèles reconnus de rationnalité scientifique.
Cette logique de la disqualification constitue en réalité la raison inhérente de la perméabilitédes sciences au marché : malgré l’invocation de l’ "objectivité" apparaît toujours plus la logique de la concurrence comme dimension intérieure de la construction ds savoirs scientifiques.