Mayotte, le 12 octobre 2011

Mise en ligne le mardi 25 octobre 2011
par  Jym

"la grève, qui est devenu pour la plupart une révolte a débuté le 27 septembre 2011 et en est aujourd’hui à sa troisième semaine (16ème jour). Une importante décision est attendue demain jeudi 13 octobre, une décision qui mettra fin à cette tension ou continuera de faire sombrer l’île dans de profonds abîmes. En ce moment la vie est vraiment pénible – aucun magasin ou boutique n’est ouvert (ou plutôt n’a le droit d’ouvrir sous peine d’être saccagés etc.)... La population se contente des stocks de nourritures d’avant la grève et ceux qui n’ont plus rien commencent à sentir la rudesse de la faim et la nécessité de trouver une autre solution. La plupart en revienne aux produits locaux récoltés dans les champs : bananes, manioc, fruit-à-pain ou poissons, fruits de mer, différents brèdes etc.... Les pharmacies se plaignent d’être en rupture de stock et un responsable du port de Longoni a annoncé aujourd’hui la situation dramatique de l’état économique de Mayotte dans cette grève « 350 centenaires sont actuellement en souffrance à Longoni ». Dans ce mouvement tout le monde a faim. L’argent ne sert pas à grand-chose quand aucun magasin n’a ouvert et de toute façon n’est pas approvisionné depuis 16 jours. Les banques sont fermées et ne sont pas approvisionnées depuis des jours : impossible de retirer de l’argent. Je parle là de ce qui se passe réellement sur le terrain et cela n’est pas forcément évoqué dans les journaux. Cela se vit à Grand-Terre comme à Petit-Terre. C’est la pénurie grandissante et si l’espoir attendu pour demain n’est pas satisfait personne ne sait ce qui va se passer.

Cette situation a été dénoncée violemment par quelques wazungus et mahorais qui pensent que les grévistes emprisonnent tout le monde et ignorent le droit des autres qui ne grèvent pas. Le droit et la liberté de circuler et de se nourrir. On a pensé à comment nourrir les enfants si les pharmacies ne peuvent plus fournir les produits laitiers... La majorité de mahorais qui nourrissaient leurs enfants de purée de fruit-à-pain ou d’autres produits ne s’inquiètent pas.

Hier, mardi 11 octobre, des métropolitains ont rejoint le mouvement et ont affirmé leur complète adhésion aux mouvements contre la cherté de la vie dans l’île. Et aujourd’hui (mercredi 12 octobre) la foule a grossi : J’ai pu voir défiler la population de Mayotte en nombre de Mamoudzou à M’tsapéré (des mahorais, des comoriens, des anjouanais, des réunionnais, des africains, des wazungus etc…) dans une ambiance vraiment agréable et même superbe.

La provocation des forces de l’ordre a quelque peu diminué : il y a donc moins d’affrontements qu’au début des grèves même si pas un jour ne passe sans violences entre les forces de l’ordre et les jeunes. Hier des braquages et incendies ont eu lieu dans la zone industrielle de Kawéni, ce qui a provoqué de nouveaux affrontements. Hier aussi sur la place de la République, un collectif de média a dénoncé la violence dont les journalistes sont victimes alors qu’ils étaient en train de faire leur travail. Violences de la part des grévistes comme des forces de l’ordre. Hier encore, le gendarme qui a tiré sur le jeune garçon Nassuf de 9 ans à Longoni a été mis en examen. Le procureur a confirmé qu’il s’agissait d’un « tir volontaire ».

Depuis la semaine dernière les syndicats ont demandé aux grévistes d’éviter de bloquer les routes pour permettre à tous de descendre défiler sur Mamoudzou. Ce qui a été très difficile à mettre en place et à contrôler. En ce moment Petit-Terre est encore complètement bloquée : les voyageurs sont bien obligés d’aller à l’aéroport et d’y revenir à pied. En Grand-Terre les routes sont peu à peu libérées après de nombreux affrontements notamment au Sud (Chirongui) et au Nord.

Le mouvement a débuté à l’initiative de deux syndicats CGT Mayotte et CFDT, rejoint par FO et la CFE-CGC. Trois associations de consommateurs ont rejoint le mouvement ainsi de suite … Kwahéri Bako

Anthoumani Ridhoin, Mohamadi, Aïcha, Nousbati, Barama, Chill, Danjèrè, Jym, Zidani, Chouma



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Appel à l’Action ! Le Savoir Commun Contre le Capitalisme Financier
L’appel de Fukushima : mettre la catastrophe sous contrôle citoyen / Fukushima : putting the catastrophe under citizen control
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