[1] Louis Althusser, Pour Marx, p. 128 sq., François Maspero, 1965, Paris.
[2] La remarque vaut peut-être plus encore pour le théâtre que pour toute autre forme de pratique esthétique. Bernard Dort remarquait que tout critique théâtral écrivait « moins sur le théâtre que dans le théâtre » (Théâtres, p. 7, Points Seuil).
[3] Louis Althusser, Lettre à Paolo Grassi (Directeur administratif du Piccolo Teatro de Milan), 13 mars 1968, Imec. Dans cette lettre, Althusser fait assaut de modestie. Il s’avoue particulièrement ignorant en matière de théâtre. Aussi laisse-t-il entendre que ses réactions sont tributaires de ce qu’il voit, de ce qu’il sait de Marx et de Freud et des problèmes politiques en général. Ce qui, à tout prendre, n’est pas peu...
[4] Louis Althusser, Écrits philosophiques et politiques Tome 2, p. 541, StockImec, 1995
[5] Louis Althusser et d’autres, Cremonini, p. 44, Skira Flammarion, 1987, repris dans les Écrits philosophiques et politiques Tome 2, p. 573, Stock-Imec. Ce texte a paru pour la première fois en français dans Démocratie Nouvelle, 1966.
[6] François Regnault, « Le Visiteur du soir », in Le Spectateur, p. 168, Beba, 1986.
[7] Jacques Rancière, « La scène du texte », in Politique et philosophie dans l’oeuvre de Louis Althusser, sous la direction de Sylvain Lazarus, p. 47-66, PUF, 1993.
[8] Outre le texte déjà cité de François Regnault, citons également du même auteur Le théâtre et la mer (1989) et d’Alain Badiou, Rhapsodie pour le théâtre (1990) - ouvrages publiés dans la collection Le Spectateur Français aux éditions l’Imprimerie Nationale.
[9] Il est dommage qu’Althusser n’ait pas connu l’oeuvre de Odon von Horvath. Nul doute qu’il aurait vu dans son théâtre, en particulier, matière à réflexion tant la présence du « peuple du silence » et de ses voix émanentes s’impose avec force comme le lieu de la théâtralité.
[10] Jacques Rancière, op. cit. p. 59. Il est à noter que Rancière semble être l’un des rares à avoir perçu l’importance de ces « Notes sur un théâtre matérialiste » ; l’analyse qu’il en fait est magistrale dans l’articulation qu’il présente à l’intérieur de l’oeuvre d’Althusser de l’idée de réel et de non-sens ou d’errance, de déliaison et de folie.
[11] Louis Althusser, ibid. p.135.
[12] ibid., p. 134.
[13] Une interprétation de cette « ek-sistence » pourrait se soutenir de ce que Alain Badiou avançait dans Rhapsodie pour le théâtre : « la structure du texte de théâtre - comme celle du texte politique - est le pas-tout. Car seul ce qui lui ek-siste, et qui existe, la représentation, ou l’action, le qualifie comme texte » (p. 68)
[14] Louis Althusser, Pour Marx, p. 133.
[15] François Regnault, op. cit. p. 166.
[16] Louis Althusser, Pour Marx, p. 141.
[17] ibid. p. 135.
[18] ibid. p. 136.
[19] ibid. p. 138.
[20] Louis Althusser, Pour Marx, p. 138.
[21] ibid. p. 140.
[22] Le Robert, Dictionnaire historique de la langue française.
[23] Jacques Lacan, Télévision, p. 10, Ed. du Seuil, 1974. « Car il n’y a pas de différence entre la télévision et le public devant lequel je parle depuis longtemps, ce qu’on appelle mon séminaire. Un regard dans les deux cas : à qui je m’adresse dans aucun, mais au nom de quoi je parle. Qu’on ne croie pas pour autant que j’y parle à la cantonade. Je parle à ceux qui s’y connaissent, aux non-idiots, à des analystes supposés. » Et cette autre occurrence, qui m’a été indiquée par Serge Cottet, dans le Séminaire XI : « Sans doute, il (l’enfant) ne s’adresse pas à l’autre, si on utilise ici la répartition théorique qu’on nous déduit de la fonction du je et du tu. Mais il faut qu’il y en ait d’autres là - c’est pendant qu’ils sont là, les petits tous ensemble à se livrer, par exemple, à des petits jeux d’opérations, comme on leur donne dans certaines méthodes dites d’éducation active, c’est là qu’ils parlent, - ils ne s’adressent pas à tel ou à tel, ils parlent, si vous me permettez le mot, à la cantonade. Ce discours égocentrique, c’est à un bon entendeur salut ! » Séminaire XI, Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, p. 189, Ed. du Seuil, 1973.
[24] Cette image du cercle, associée à celle des grandes verticales, semble être une image-formule constante dans l’analyse d’Althusser. N’est-ce pas ainsi qu’il expliquait le Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes de Rousseau ? Notamment la rupture entre l’état de pure nature, cercle de l’origine, de la mauvaise origine, origine en propre de rien, incapable de se sortir d’elle-même et l’état de nature auquel succèdent par cercles, produits de processus, des ruptures, des accidents, des différences où s’ébauche une pensée de l’histoire sans pour autant que les effets de cette idée de processus soit, aux yeux de Rousseau, visible (cf. cours à l’E.N.S. en 1972 sur l’idée de nature chez Rousseau).
[25] Louis Althusser, Écrits philosophiques et politiques Tome 2, p. 580.
[26] cf. ibid., note 1, p. 581. Cette note infra-paginale n’est pas dans l’édition de ce texte dans l’ouvrage paru aux éditions Skira mais est à présent reprise dans l’édition Stock/lmec. Elle révèle, par delà l’identique utilisation de l’expression « à la cantonade », l’effet de renvoi du théâtre et de la peinture puisque, à propos de Cremonini, Althusser se réfère explicitement au théâtre « C’est, à mon sens, l’erreur de la mise en scène de Georges Dandin par Planchon, du moins telle que je l’ai vue à Avignon en juillet 1966 : on ne peut mettre en scène en personne des classes sociales, dans un texte qui ne traite que de certains de leurs ’effets structuraux’. »
[27] ibid., p. 581.
[28] II reste, mais tel n’est pas notre problème ici, qu’il y aurait lieu d’affiner ces remarques en posant la question de la limite et de la clôture dans le travail de Cremonini
[29] Louis Althusser, Pour Marx, p. 142.
[30] ibid. p. 142.
[31] La grande période brechtienne s’ouvre avec les représentations données par le Berliner Ensemble en 1954 et semble se clore à la fin des années 60.
[32] Quelques références manuscrites prouvent également qu’il a lu le texte de Bernard Dort Lecture de Brecht, (Ed. du Seuil). Rien ne nous permet, en revanche, de savoir s’il a lu les textes de Roland Barthes sur Brecht (in Essais critiques, Ed. du Seuil). D’ailleurs de Barthes, sur quelque point que ce soit, il n’est jamais fait mention....
[33] Louis Althusser, Pour Marx, p. 143.
[34] ibid. p. 144.
[35] ibid. p. 144.
[36] ibid. p. 145.
[37] Louis Althusser, « Sur Brecht et Marx », in Écrits philosophiques et politiques Tome 2, p.542-543, Stock-Imec.
[38] Louis Althusser, Pour Marx, p. 146.
[39] François Regnault, avec un art consommé de la formulation « axiomatique » a énoncé en trois principes le système de Brecht « 1. La distance doit être la dimension essentielle du théâtre. 2. La parabole doit être le procédé essentiel du théâtre (....). 3. La politique doit être le corrélat essentiel du théâtre. » « Rudiments de monadologie théâtrale, La " grande pédagogie " », in Les pouvoirs du théâtre, Hommage à Bernard Dort, p. 205, Ed. du Seuil, 1995.
[40] Louis Althusser, Pour Marx, p. 147.
[41] ibid., p.147.
[42] Il y aurait lieu de traiter ce point plus en profondeur et relire le texte de la conférence d’Althusser Lénine et la philosophie (Maspero,1969). Nous en connaissons le mouvement : Marx en proposant de transformer le monde par la philosophie a, en vérité, créé une science nouvelle, laquelle devrait engendrer une philosphie nouvelle ou, à défaut une nouvelle pratique de la philosophie. « Le marxisme n’est pas une (nouvelle) philosophie de la praxis, mais une pratique (nouvelle) de la philosophie. » (p. 44-45)
[43] Louis Althusser, Lénine et la philosdphie, p. 15, Petite collection Maspero, 1969. Texte contemporain du projet de conférence.
[44] Louis Althusser, « Sur Brecht et Marx », op. cit., p.546 .
[45] Jean-Jacques Rousseau, Lettre à D’Alembert, O.C. V, p. 38 et 39, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 1995.
[46] ibid. p. 120.
[47] Louis Althusser, « Sur Brecht et Marx », op. cit., p. 549. Lorsque l’on se rappelle l’usage qu’Althusser fait de ce terme à propos du Contrat social de Rousseau, on peut commencer à avoir une idée de l’impasse dans laquelle un certain type de théâtre peut se trouver...
[48] ibid., p.550
[49] Louis Althusser, « Du côté de la philosophie », in Écrits philosophiques et politiques Tome 2, p. 262.
[50] Louis Althusser, « Sur Brecht et Marx », op. cit., p. 553.
[51] Dans ses notes de lecture Althusser est gêné par quelques formules de Brecht qui relèvent d’un certain historicisme, notamment les paragraphes 3839-40 du Petit organon pour le théâtre (L’Arche), tout en reconnaissant que cette critique doit être nuancée par d’autres textes, notamment dans Effets d’éloignement dans l’art du comédien chinois (L’Arche). La conception brechtienne de l’idéologie prête également parfois à discussion. Althusser reproche à Brecht de confondre l’idéologique et le familier, de rester à l’idée d’écho, etc.
[52] Antoine Vitez, Le théâtre des idées, p. 118-119, Gallimard.
[53] Formule qui se réfère, depuis le XVIIème à l’expression traditionnelle de Santeul : « Castigat ridendo mores ».
[54] Louis Althusser, Pour Marx, p. 149.
[55] ibid., p. 151. Sur ce point on peut encore regretter qu’Althusser ne se soit pas penché sur la Lettre sur les Spectacles de Rousseau. On y trouve la même charge contre cette homogénéité perverse entre la scène et la salle, homogénéité qui, pour Rousseau, rend caduque l’idée même de catharsis. Sur ce point, comme sur bien d’autres Rousseau et Brecht se rencontrent. N’oublions pas que Brecht concevait son théâtre épique comme un théâtre non-aristotélicien.
[56] ibid. p. 151.
[57] ibid. p. 151.
[58] ibid. p. 151.
[59] Louis Althusser, « Sur Brecht et Marx », op. cit., p. 553.
[60] Louis Althusser, Pour Marx, p. 152.
[61] Louis Althusser, Lettre à Paolo Grassi, 6 mars 1968, in Écrits philosophiques et politiques, Tome 2, p. 535.
[62] op. cit., p. 535.
[63] op. cit., p. 536.
[64] op. cit., p. 537.
[65] ibid.
[66] Jacques Lacan, Télévision, p. 10, Ed. du Seuil.