La Prévoyance : confondre pour détruire

Mise en ligne le vendredi 18 juillet 2003
Greta : Il me semblait intéressant de traduire le texte ci-dessous. J’espère que Beppo ne m’en voudra pas de l’avoir diffusé car j’ai crû comprendre qu’il n’était pas vraiment d’accord avec cette manière de voir. Le texte de Brecht, je ne me permets pas de le traduire et malheureusement je ne trouve pas l’original.

Nossos inimigos dizem : A luta terminou. Mas nós dizemos : ela começou. Nossos inimigos dizem : A verdade está liquidada. Mas nós dizemos : Nós a sabemos ainda. Nossos inimigos dizem : Mesmo que ainda se conheça a verdade, ela não pode ser mais divulgada. Mas nós a divulgamos. É a véspera da batalha. É a preparação de nossos quadros. É o estudo do plano de luta. É o dia antes da queda de nossos inimigos. (Bertolt Brecht)

On ne peut nier l’existence des privilèges colossaux qui ont cours au Brésil. Mais ce n’est pas dans la Prévoyance sociale qu’on les trouve. Et comme ce sont les bénéficiaires de ces absurdes disparités qui contrôlent la politique, la "Réforme" de la prévoyance est utilisée de manière perverse pour augmenter ces disparités au lieu de les corriger. Les groupes financiers,ne se satisfaisant pas des marchés dont ils tirent leurs profits, veulent capturer les contributions sociales des serviteurs publics = on limite la prévidencia publique. La privatisation est le but à atteindre, à n’importe quel prix, sous la direction du couple de la rue K à Washington,USA : la Banque Mondiale et le FMI

La logique du processus est toujours la même. La politique économique créé les déficits, diminue les revenus, décime les emplois et fait augmenter l’insatisfaction. Ceci sert d’excuse pour extraire encore plus d’argent de ceux qui n’ont rien à voir avec ces déficits.

Qui s’approprie les ressources du Pays ? Comme par hasard ceux qui capitalisent l’insatisfaction afin d’obtenir de nouveaux et excessifs avantages.

Ce fût le cas avec : 1) les "privatisations", objet de monumentales corruptions ; 2) l’obtention de l’Etat de la régulation des activités économiques, transférée aux agences qui défendent ceux qui produisent la concentration.

Le rideau de fumée devant nos yeux s’est levé ! Il est vrai que nous avons de gros problèmes. Pire : leur ampleur nous mène tout droit à la ruine. Mais l’important est de ne pas laisser s’installer la confusion sur l’origine du mal. En bref, démonter la farce.

Voici quelques-uns des scénarios : 1) les tarifs des services publics après privatisation, comme le téléphone, l’énergie électrique, les fournitures de gaz, etc...ont augmenté immédiatement, conformément aux contrats illégaux qui stipulent l’indexation, indexation quant à elle refusée aux salariés ;

2) les oligopoles, quasi tous dans les mains des transnationales et de leurs maisons mères étrangères, décident comme ils le veulent des prix des produits dont ils contrôlent les marchés.

Au lieu d’éliminer les causes de l’inflation, qu’a fait la politique économique gouvernée par le couple de la rue K et par les banquiers de Boston, New York et Londres ? Sous le prétexte mensonger de combattre l’inflation, elle a maintenu le niveau intolérable des taux d’intérêt qui :

a) ont déjà aspiré 70% de l’ensemble des recettes de l’Union, des Etats et des municipalités. b) ont servi de point de départ permettant aux banques d’arracher des intérêts astronomiques aux salariés, aux petites et moyennes entreprises, les menant à la faillite.

Ce sont ces hémorragies-là qu’il faut arrêter d’urgence. Le déficit de la Prévoyance n’existe pas. De plus, les économies que produirait la réforme sont tellement discutables et minables, qu’il est impossible de prendre au sérieux ceux qui abordent la question sous cet angle. Leur but est aussi de faire porter le chapeau au service public brésilien.

Ce qu’il faut noter aussi c’est l’écho rencontré dans l’opinion par l’aspect "moral" que le système du pouvoir concentrateur prétend donner à la "réforme". D’après leur fallacieuse campagne, elle réduirait les injustices en retirant les privilèges des hauts fonctionnaires et des officiers supérieurs de l’armée. Ces serviteurs publics aux salaires élevés ont droit à une pension intégrale, ils ne devraient pas payer pour ces "bénéfices" car ils ont déjà contribué largement au long de leur carrière.

Etablir des limites d’âge aux serviteurs publics actuels pour avoir droit à la pension, même s’ils ont déjà contribué 35 ans, c’est discriminer ceux qui ont commencé à travailler très jeunes, c’est à dire évidemment ceux issus des classes les plus défavorisées. En finir avec la parité entre actifs et non actifs accélère l’érosion de leurs revenus, déjà réduits, tout comme ceux des actifs d’ailleurs, par l’inflation accumulée et l’absence de réajustements.

Pour comprendre pourquoi certains croient à la réforme émanant de la rue K, il suffit d’être attentif à une autre action perverse des "concentrateurs". La politique économique a avili à tel point les revenus du travail, que beaucoup pensent qu’un salaire mensuel de plus de 4 ou 5 mille reais est fantastique. Ils ne réfléchissent pas au fait que 60% de cette somme est versée aux impôts, aux taxes et contributions sans qu’en échange ils puissent avoir accès aux services publics gratuits, ni à un système de santé décent (ndtr la plupart des personnes ayant un bon revenu vont dans les hopitaux et médecins privés, chers) ni à un enseignement décent, car l’argent file directement vers les charges de la Dette.

En résumé, le système de pouvoir a généré la misère généralisée, et ceux qu’elle n’a pas encore atteints sont perçus comme des privilégiés, malgré qu’ils ont vu leur vie sacrifiée par les difficultés, quand ce n’est pas par la violence toujours en hausse, comme les prix.

Un des effets les plus terribles de la domination globalisante c’est l’idée que la misère c’est naturel et que la justice consiste en la transformation de tous en misérables. Ce qui est encore plus spectaculaire c’est que les gens ne se rendent pas compte de l’existence des vrais privilégiés.

Ils habitent à l’étranger ou transitent entre des forteresses inexpugnables et des environnements inaccessibles. Les médias et les politiciens, domestiqués, se chargent des les présenter comme des bienfaiteurs.

Résultat : l’ignorance des faits comme : 1) Les 300 plus grandes entreprises en activité au Brésil ont une recette liquide égale à 50% du PIB. 2)A l’exception de Petrobras, non encore entièrement privatisée, ces 300 groupes ne paient quasiment pas d’impôts sur le revenu des personnes juridiques, tour de magie qu’ils obtiennent en transférant à l’étranger, en tant que dépenses, la plus grande partie de leurs recettes. 3) La collecte des impôts sur les revenus des personnes physiques est plus importante que celle sur les personnes juridiques. 4) Parmi ces dernières, plus de 80% proviennent de petites et moyennes entreprises.

La réforme "tributaria", fiscale, n’a rien changé à la situation !!!!

Lorsqu’on expose ces faits à certaines personnes, elles expriment encore plus fort leurs peurs envers ces "concentrateurs" et imaginent impossible la limitation de leur pouvoir. Nombreux sont ceux qui eux optent pour n’en avoir rien à faire de la destruction du pays, devenant ainsi les complices des cooptés qui profitent d’avantages équivalents à des millions de dollars, des miettes comparées au milliards des potentats mondiaux.

13 Juillet 2003

Traduction Greta Alegre. Mise en ligne le 18 Juillet 2003


Suite du débat sur les grèves. Lula et le pouvoir.

Le Lulisme et le Pouvoir

Les pauvres s’organisent au Brésil
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