« L’Image du Capital (V) : humains, non-humains, post-humains etc. » séminaire organisé par Frédéric Neyrat au Collège international de philosophie 1 rue Descartes, 75005 Paris Frédéric est Membre du Comité de rédaction de Multitudes
Argument
Au cours de ce séminaire, nous avons plusieurs fois rencontré ce problème : quelle est la place - le rôle, la charge, la responsabilité - de l’« humanisme » dans le dispositif éco-technique, dans le court-circuit hyperspectaculaire, dans la bio-politique des catastrophes ? L’« humanisme » doit-il être considéré comme ce qui obstrue la possibilité d’une cosmo-politique, d’une écologie vraiment politique, d’une réponse pratique appropriée au tort mondial ? Sommes-nous encore bien trop humains ? Tout dépend de ce qu’on entend par « humanisme », et rien n’est moins évident. Nous faut-il penser l’humanisme à partir du XVème, du XIXème siècle (l’« humanisme théorique »), ou au long cours à partir de Rome et sa reprise de la paideia (Heidegger) ? Nous faudrait-il replacer l’humanisme dans le processus général d’hominisation, et commencer notre enquête au Paléolithique ? Le sens de ce qu’on a pu nommer au XXème siècle du nom d’« anti-humanisme » devrait sans nul doute être éclairé à l’aune de ces variables. Ce sont bien les « anti-humanismes », de Heidegger à Badiou, ou plutôt les composantes « anti-humanistes » de ces philosophies que nous voudrions étudier. Et mettre à l’épreuve de notre époque : sont-elles capables de penser l’homme pris dans la mondialisation, dans cette phase particulière de l’hominisation que Michel Serres nomme « hominescence » ou « auto-hominisation », dans une « anthropotechnique » généralisée (Sloterdijk) ? Suffit-il d’évider le sujet, de le décentrer pour faire un monde ? L’anti-humanisme ne poursuit-il pas, sur les bords mêmes du trou qu’il a creusé, un certain schème « humaniste » consistant à refouler, à dénier l’univers des non-humains, à mépriser la facture relationnelle de l’humanité ? C’est à partir de ces questions que nous mesurerons la portée de l’anti-humanisme propre à la deep ecology, ainsi que son symétrique « post-humaniste », assurant la promotion de sujets-cyborgs, d’agencements hommes-machines ayant la noosphère pour nouvelle terre. Nous faudrait-il construire quelque chose comme un post-humanisme dégrisé ?
Interventions
Jeudi 23 février (Amphi Stourdzé 18h-20h) : F. Neyrat : "Humanisme, anti-humanisme, post-humanisme"
Jeudi 9 mars (Amphi A 18h-20h) : Raphaël Bessis : "Pourquoi les poupées ont-elles une âme ? Quelques pas vers une cybernétique des hommes et une anthropologie des machines"
Jeudi 23 mars (Amphi A 18h-20h) : Frédéric Neyrat : "Sur la formule de Nietzsche : "le Surhomme est le sens de la terre""
Jeudi 6 avril (Amphi A 18h-20h) : Raphaël Bessis : "Les subjectivités borderline dans l’espace liminaire de la mondialisation"
Jeudi 27 avril (Amphi A 18h-20h) : Diogo Sardinha : "Foucault et l’humanité sans concept"
Jeudi 11 mai (Amphi A 18h-20h) : Laurent Desutter : "La représentation politique des non-humains"
Jeudis 1er juin (Amphi Stourdzé 18h30-20h30) : F. Neyrat : Deep community - sur l’écologie radicale
[Quand ce séminaire se tient dans l’Amphi A, vous devez donner votre nom et présenter votre pièce d’identité au vacataire du Collège, à l’accueil du Ministère]