Capitalisme cognitif et éducation, nouvelles frontières

Comment le capitalisme contemporain mobilise-t-il l’éducation et le savoir-Séminaire de l’Institut de Recherche de la FSU. Mardi 18 janvier 2005
Mise en ligne le vendredi 21 janvier 2005

1. 0. Première partie Centralité de l’école dans le capitalisme cognitif. Le paradoxe

• 1.0.1. La contre-révolution néolibérale semble s’attaquer au service public éducatif et entend lui appliquer les règles de « gouvernance »

• 1.0.2. Mais en même temps, la médiocrité de la croissance économique Européenne depuis le sommet de Lisbonne (2000), pousse les États membres a réitérer le caractère décisif d’objectifs très ambitieux en matière d’éducation du plus grand nombre.

• S’agit-il d’un pur exercice de style ? 

1.1.0. La question posée de la marchandisation de l’éducation

• 1.1.1.Le néo-libéralisme trouverait-il un nouveau souffle dans la privatisation de l’éducation ? Vous soulevez les questions :

• 1.1.2. Interroger les logiques économiques qui envahissent la pensée dans le domaine de l’éducation . Va-t-on vers une logique marchande dans le panorama éducatif mondial ?

• 1.1.3. Efficacité, compétitivité, financement hybride public-privé, marché de l’éducation, mondialisation des services éducatifs, individualisation des prestations éducatives... une vision exclusivement économique de l’éducation ?

 1.2.0. Centralité et endogénéisation de l’éducation dans le capitalisme contemporain

• 1.2.1.Et pourtant jamais le niveau d’éducation, les processus de formation, les capacités d’apprentissage n’ont paru autant au centre de la croissance économique.

• 1.2.2. Que l’on parle de « société de l’information », « d’économie reposant sur la connaissance », l’éducation et l’exploitation des savoirs se trouve désormais au cœur de la valeur économique.

• 1.2.3. De ce point de vue, nous sommes sortis d’une simple exigence « humaniste » extra-économique. Pour le meilleur et pour le pire sans doute.

1.3.0. La thèse de la marchandisation

• 1.3.1. Il est tentant de ne retenir de l’importance de l’éducation que la théorie du capital humain (G. S. Becker, Schultz) ou celle de la croissance endogène (R. Lucas) qui sont plutôt de matrice néo-classique (école de Chicago)

• 1.3.2. et de les combiner à une théorie marxiste ou régulationniste ou critique de la financiarisation (F. Lordon, F. Chesnais),

• 1.3.3. pour déboucher sur une prévision pessimiste : la marchandisation de l’éducation dans les vingt prochaines années serait notre futur inexorable.

1.4.0. Insuffisance de cette thèse ; une situation plus ouverte

• 1.4.1. Je voudrais vous montrer à partir des recherches que nous menons dans l’équipe Isys du CNRS-Paris avec B. Paulré, A. Corsani, M. Lazzarato, Patrick Dieuaide, P. Jollivet, J. Taddei, C. Vercellone, J.-M. Monnier que le tableau est heureusement beaucoup plus nuancé et ouvert.

• 1.4.2. Certes, en tant que pièces maîtresses du dispositif de capture du capitalisme cognitif, l’école, l’université, la formation permanente sont désormais en première ligne des possibilités de l’accumulation capitaliste

• 1.4.3. La pression « gestionnaire » sur l’éducation s’explique à la fois par le montant de plus en plus important des investissements dans l’équipement immatériel des sociétés développées et par la série d’enjeux que nous allons expliquer.

1.5.0. Des contradictions fondamentales au cœur du capitalisme cognitif (1)

• 1.5.1. Mais il existe des profondes contradictions internes qui interdisent au capitalisme cognitif de s’emparer des savoirs et de la production de connaissance par la seule marchandisation.

• 1.5.2. C’est celle de la nature très particulière de l’information du point de vue économique

• 1.5.3.C’est aussi celle de la nature de biens publics de la connaissance et de ses conditions de production. Nous y reviendrons

1.5.0. Des contradictions fondamentales au cœur du capitalisme cognitif (2)

• 1.5.4.1. Les NTIC d’autre part, comportent un potentiel considérable de centralisation répressive et de codification des connaissances en informations marchandisages.

• 1.5.4.2. Mais la massification et la démocratisation de leur usage sont une condition indispensable à l’extraction de valeur du travail vivant en tant que travail vivant ;

• 1.5.4.3. Elles induisent une crise des rapports de propriété privative et commencent à dessiner les contours d’un nouvel espace public de libération et de lutte pour l’égalité. Voyons cela de plus près en examinant les traits du capitalisme cognitif.

Alan Greenspan, le gouverneur du Federal Reserve Américain déclarait le 1 mars dernier au cours d’une rencontre organisée à l’université de Stanford (Stanford Institute for Economic Policy Research) « the total fraction of our economy that is essentially conceptual rather than physical has been rising (..)Conceptualisation is irreversibly increasing the emphasis on the protection of intellectual, relative to physical, property rights »

L’école libérale des droits de propriété ne considère qu’une moitié du problème.

• Il serait totalement faux de déduire que l’immatérialisation croissante de la production doit déboucher sur une brevétisation généralisée. Greenspan en effet, citant Leibnitz et Newton s’interroge : « Should we have protected their claim on the same way as we do for owners of land , Or should the law make their insights more freely available to those who would built on them, with the aim of maximizing the wealth of society as a whole ? »

Quel programme de recherche de l’économie politique ?

• Alan Greenspan continuait : « We must begin the important work of developing a framework capable of analyzing the growth of an economy increasingly dominated by conceptual products »

• Je crois que tous les économistes qui réfléchisssent à la situation actuelle sont d’accord avec Alan Greenspan. Même si leurs solutions (la mienne notamment) ne coïncident pas forcément avec celle de l’homme-qui-sait-parler-aux-marchés et conjurer la crise financière générale.

Ajoutons pour pimenter le problème que la réponse à la question n’est pas évidente.

2.1.0. 2° Partie Ce que le capitalisme cognitif n’est pas (1)

• 2.1.0.1. Le capitalisme cognitif n’est pas « la nouvelle économie » : une économie financièrement affranchie des crises du cycle économique comme les États-Unis ont paru en offrir le modèle jusqu’en 2001.

• 2.1.0.2. Il n’est pas non plus une société de l’information. L’échange social ne se réduit pas à un échange d’informations neutre.

• 2.1.0.3. Il n’est pas davantage une économie cognitive ( c’est-à-dire la partie, de l’économie qui produit de la connaissance ou des biens savoirs)

2.1.0. 2° Partie Ce que le capitalisme cognitif n’est pas (2)

• 2.1.0.4. Il n’est pas enfin une « économie reposant sur la connaissance » (Foray & Lundvall) comme si les rapports sociaux avaient disparu dans une convergence neutre du « gouvernement de et par la science »

• 2.1.0.5. Le terme de capitalisme cognitif rappelle que nous sommes toujours dans le capitalisme bien plus que simplement dans le marché. Le marché est secondaire par rapport à la captation de valeur. La finance sert cet objectif, plus que l’inverse

2.2.0. La « société de la connaissance » oublie la dimension de pouvoir des savoirs

• 2.1.1. La « société de la connaissance » est un terme ambigu qui, comme « l’idéologie républicaine » hier, part d’une égalité supposée ou réalisable par la seule institution éducative sans voir que le partage de la connaissance et des savoirs revêtent une importance de plus en plus stratégique

• 2.1.2. Ce partage est un enjeu de pouvoir sans doute plus fort que sous la III° République et le capitalisme industriel

• 2.1.3. La société de la connaissance est une société fortement stratifiée selon l’excellence sans les habituels contrepoids qui existaient lorsque l’économie était encadrée à la Polanyi.

2. 3.0. L’égalité dans « société de la connaissance » ne se limite pas au partage de l’information ou des savoirs codifiés 

• 2.1.4. Ces critères se croisent sans se superposer totalement avec les critères de classes sociales

• 2.3.1. La deuxième erreur d’une mise en avant idéologique de la « société de la connaissance » est la confusion qu’elle entretient entre la société de l’information et des connaissances codifiées et une société reposant sur le développement de la connaissance et sa captation comme ressort essentiel de l’accumulation. 

• 2.3.2. Précisons que ce que nous appelons des connaissances contextualisées (E.Rullani), situées (D. Haraway) c’est ce que André Gorz appelle des savoirs. Pour ce dernier, les « connaissances » signifient déjà, l’arraisonnement, la capture par le capitalisme des savoirs

2.3.0. L’égalité dans « société de la connaissance » ne se limite pas au partage de l’information ou des savoirs codifiés (suite1)

• 2.3.3. L’accès à l’information, aux connaissances codifiées est facilement assujettissable à un droit de péage. Réduire la société de la connaissance à un quantum d’information accélère des marchandisations malthusiennes.

• 2.3.4. Par exemple, la brévétisation des revendications des logiciels qui tend à approprier les processus, les méthodes thérapeutiques détruit l’innovation et la formation des conditions de production de connaissance.

2.3.0. L’égalité dans « société de la connaissance » ne se limite pas au partage de l’information ou des savoirs codifiés (suite2)

• 2.3.5. Le tri de l’information et le tri critique des outils de tri ne sont pas eux-mêmes des biens-informations mais doivent être et demeurer des biens publics. Ce sont les nouveaux biens publics par excellence 

• 2.3.6. La connaissance d’outils comprend des traits généraux non codifiables, leur utilisation contextuellement intelligente est seule productrice d’innovation.

• 2.3.7. La valeur des biens-connaissance présuppose une collectivité éduquée capable d’en faire un usage intelligent, c’est-à-dire répondant à des questions nouvelles par des solutions non préalablement programmées. 

2.4.0. La gauche sait critiquer la dimension de pouvoir de la détention de connaissance

• 2.4.1. La gauche voit assez bien depuis les travaux de Bourdieu, de Baudelot & Establet comment l’école peut dissimuler de nouvelles formes d’assujettissement et reproduire de nouvelles inégalités

• 2.4.2. Ainsi la détention quasi patrimoniale d’un « capital social » ou « humain » justifie plus aisément des doses d’inégalité accentuées depuis la fin des Trente glorieuses. 

• 2.4.3. L’individualisation dans l’éducation décharge sur l’individu la « responsabilité »de sa formation et de son « employabilité ».(G.S. Becker) La société se bornant à des incitations au lieu d’objectifs collectifs volontaristes.

2.5.0. Beaucoup reste à faire sur l’analyse des composants de la production de connaissance sur lesquels un projet émancipateur peut agir dans un capitalisme cognitif

• 2.5.1. Une politique de gauche dans le capitalisme cognitif doit partir surtout des véritables contradictions intrinsèques du capitalisme cognitif et non des traits anhistoriques de « pouvoir » qu’il partage avec la théorie des élites ou de l’individualisation considérée comme destructrice du « collectif ».

• 2.5.2. L’importance stratégique de la connaissance (pas de l’information, ni des savoirs codifiés et numérisés) fait émerger un nouvel espace collectif ou commun et des processus collectifs d’individuation pour parler comme Gilbert Simondon.

Beaucoup reste à faire sur l’analyse des composants de la production de connaissance (suite 1)

• 2.5.3.La production dans le capitalisme cognitif remet en question la distinction entre la production etla consommation comme des sphères séparées et réalise de plus en plus des dispositifs où l’information fournie par le consommateur est ré-injectée en temps réel grâce à l’informatique dans la production juste à temps (le prosumeur).

• 2.5.4. Le rôle du marché se confond avec la captation désormais de l’opinion publique et de l’attention (Tarde) . Produire n’est plus produire une marchandise séparée mais un monde et une expérience du monde qui entraîne des consommations matérielles (Rifkin, Lazzarato voir références en fin de cet exposé)

Beaucoup reste à faire sur l’analyse des composants de la production de connaissance (suite 2)

• 2.5.4. Dans la relation pédagogique enseignant enseigné cela renvoie dos à dos la défense milnérienne d’un savoir séparé objectif et indépendant des tensions sociales et le parti pédagogiste qui n’identifie pas en quoi il contribue à la formation de la main d’œuvre nouvelle requise par le capitalisme cognitif

• 2.5.5. Si bien que c’est le décalage des premiers qui paraît critique tandis que les seconds paraissent gestionnaires et incapables de fournir les éléments d’orientation verts un nouvel espace public et civique. 

• Ces lacunes apparaissent particulièrement lorsqu’il s’agit des exigences d’appropriation et d’usage des NTIC.

 3° partie 3.0. Les nouveaux centres nerveux du capitalisme cognitif

3.1.1. La mutation à laquelle nous assistons depuis 1975 est celle de la naissance d’un nouveau mode de régulation du capitalisme (le troisième dans l’histoire après le mercantilisme et le capitalisme industriel). Ce nouveau capitalisme nous l’appelons un capitalisme cognitif.

3.1.2. Son centre est lié à l’appropriation de connaissances et à la production continuelle de l’innovation

3.1.3. Tous les secteurs de la vie sociale qui concourent à la production de connaissance au moyen de la connaissance et au moyen du vivant sont les nouveaux centres nerveux de l’accumulation.

3.2.0.Le capitalisme cognitif se définit par l’orientation et le principe de son accumulation

• 3.2.1. Quel principe d’unité caractérise les mutations en cours ?. Une société se caractérise par un principe ou une orientation de son accumulation,

• 3.2.2. Par accumulation nous entendons les investissements de la société, en donnant à ce mot un sens très large, en ne la réduisant pas à la Formation Brute de Capital Fixe des économistes.

3.3.0. Le capitalisme cognitif, au delà du post-fordisme de l’école de la régulation

• 3.3.1.C’est l’orientation de l’accumulation qui confère à une formation économique sa nature. Je cite Bernard Paulré en l’adaptant un peu. 

• 3.3.2. « Les approches proposées par l’école de la régulation ne traitent pas de cet aspect. L’enjeu théorique semble tourner essentiellement autour des conditions de la réalisation d’un bouclage satisfaisant de grandeurs macroéconomiques, une fois observés les comportements et les médiations constituant un nouveau mode de régulation. »

• 3.3.3.Mais il convient d’aller au-delà des formes institutionnelles et du bouclage macro-économique, et prendre en considération le contenu de l’accumulation. 

3.4.0. Un mode de production et un type d’accumulation

• 3.4.1.L’accumulation n’est pas uniquement quantitative. Il convient aussi d’en qualifier l’intention et le sens.

• 3.4.2. Nous appelons système d’accumulation l’association de ce que l’école de la régulation appelle un mode de production et d’un type d’accumulation. Si le capitalisme industriel peut être caractérisé par le fait que l’accumulation porte pour l’essentiel sur les machines et sur l’organisation du travail abordée dans ce contexte comme l’organisation de la production et l’affectation des travailleurs à des postes. 

• 3.4.3. Le capitalisme cognitif est un autre système d’accumulation dans lequel l’accumulation porte sur la connaissance et sur la créativité, c’est-à-dire sur des formes d’investissement immatériel. 

3.5.0.Rôle central de la captation des gains tirés des connaissances et de l’innovation dans l’accumulation

• 3.5.1. Dans le capitalisme cognitif, la captation des gains tirés des connaissances et des innovations est l’enjeu central de l’accumulation et joue un rôle déterminant dans la formation des profits.

• 3.5.2. La question des droits de propriété, la place dans les réseaux, les alliances, la gestion des projets sont des facteurs institutionnels et organisationnels majeurs. Ils jouent un rôle crucial.

• 3.5.3. Les stratégies se déterminent à partir de la recherche d’un positionnement spatial, institutionnel et organisationnel adéquat pour accroître la capacité à s’impliquer dansun processus créatif et à en capter les bénéfices. 

3.6.0. Une mise en tension désormais interne 

• 3.6.1. Le rapport de l’école, de l’université, de la recherche publique et privée (j’insiste) des appareils de formation permanente avec le capitalisme cognitif sont en tension productive directe.

• 3.6.2. Et pas simplement comme le lieu externe où se forment les valeurs de la République, de la Nation, des classes dominantes,

• 3.6.3. Ou bien comme celui où se produit l’invention. L’innovation industrielle venant en aval et se trouvant toujours à l’extérieur de la sphère de valorisation.

4.0. Quelques conclusions provisoires

• 4.1.Le capitalisme cognitif cherche à capturer continuellement la puissance collective de l’invention qui se manifeste dans la coopération sociale.

• 4.2.Outre le gisement d’innovations et d’emplois durables, non délocalisable ou non purement répétitif (Taylor a quelques beaux jours devant lui dans les services qu’elle seule permet), le travail cognitif présente l’énorme avantage pour un capitalisme néolibéral d’incorporer une quantité considérable d’externalités positives dont la production est laissée à la puissance publique ou aux communautés de diverses sortes (les traditionnelles comme les plus modernes) 

Conclusions provisoires (suite1)

• 4.3. Pour capturer la valeur du travail cognitif ( à l’œuvre dans l’ensemble du processus productif) le capitalisme cognitif cherche sans cesse à codifier, standardiser, numériser et traiter les savoirs (y compris traditionnels : la biopiracy dénoncé par Vandana Shiva)

• 4.4.0. Mais ce faisant il se heurte à des contradictions majeures de façon croissante.

• 4.4.1. Sitôt transformée en bien information, une connaissance qui coûte cher à produire (à l’échelle sociale, mais aussi à l’échelle privée en R &D) perd une très grande partie de sa valeur marchande tant elle est reproductible à coût dérisoire (coût marginal nul) 

Conclusions provisoires (suite2)

• 4.4.2. Les actifs immatériels comme les capacités ( les compétences) du travail vivant demeurant vivant et non réduit à un stock de connaissances mortes) présentent toutes les caractéristiques des biens publics (indivisibilité, non rivalité, interdépendance et externalités multiples).

• 4.4.3. Le système de droit juridique (dominé par la transférabilité marchande, l’abusus) qui réglait le cas des immatériels dans le capitalisme industriel ( brevet, marques, droit d’auteur) connaît une crise de mise en œuvre (enforcement) sans précédent depuis la bataille des enclosures du XVIII° siècle.

Conclusions provisoires (suite3)

• 4.4.4. L’appropriation massive des NTIC indispensable à la captation de valeur du travail cognitif rend en même temps inexécutable les anciens droits de propriété : elle les délégitime, induisant une demande de nouveaux espaces gratuits et accessibles ; elle balaie l’obstacle technique à la reproduction à une échelle de masse et à la divulgation dans un espace planétaire.

• 4.4.5. L’intelligence, la capacité d’innovation sitôt qu’elle est capturé dans les filets du numérique et donc reproductible à l’infini rend de plus en plus difficile la création et le maintien d’un monopole, fût-il temporaire. Voir la contestation des brevets des médicaments, des droits d’auteurs 

Conclusions provisoires (suite4)

• 4.4.6. Nous assistons donc à une bataille des « nouvelles clôtures » tout à fait incertaine.

• 4.4.7. L’accès aux nouvelles technologies, la démocratisation massive des NTIC dans et à travers le système éducatif et la pression pour une éducation permanente garantie constitue un des leviers essentiels de la dé-marchandisation continuelle. Sans cette dé-marchandisation continuelle, les performances « du marché » s’essoufflent très vite.

• 4.4.8. Les contre-offensives de Microsoft face à la progression de Linux et d’Open office dans le système éducatif par fourniture de matériel gratuit accompagné de logiciels capturant le travail cognitif et le condamnant à la « norme » Microsoft est révélatrice. 

Références (1)

PAULRÉ Bernard , (25 nov. 004), « Introduction au capitalisme cognitif » Intervention , Journée, Matisse-Ysis UMR Paris 1 - CNRS n° 8595

MOULIER BOUTANG, Yann, (2001), “ Salariat et travail immatériel, nouvelles formes de contrôle et droit du travail ”, in Monique Chemillier-Gendreau et Yann Moulier Boutang (sous la direction de) Le Droit dans la mondialisation : une perspective critique, PUF) pp. 141-159 et pp. 209-213.

MOULIER BOUTANG, Yann, (2001), “ La troisième transition du capitalisme : exode du travail productif et externalités" in A. CORSANI, P. DIEUAIDE et C. AZAIS, (Eds) Vers un capitalisme cognitif, Entre lmutation du travail et territoire, (Préface de B. Paulré et postface de Christian Palloix), L’Harmattan, Paris (pp. 133-150

MOULIER BOUTANG Yann, (2001) " Le revenu social garanti et la grande transformation du travail : en deçà ou au delà du régime salarial ?" in H. Poltier & J. Terrier (dir.), Vers de nouvelles dominations ans le travail ? Sur le sens de la crise, Lausanne, Payot, 2001La fin du travail, Fatalité ou choix ?, Payot, Lausanne (décembre 2001), pp. 125-152

Multitudes, (2000) N° 1 , Dossier sur le capitalisme cognitif, auteurs variés ; A. Corsani, E. Rullani, Y ; Moulier Boutang, B. Paulré, Maurizio Lazzarato , P. Jollivet disponible en ligne

Références (2)

MOULIER BOUTANG Y.(Direction de) (2002) Dentro el capitalismo cognitivo : Innovazione, proprietà e cooperazione della moltitudine, contribions de M. Aglietta, A. Corsani, M. Lazzarato, Y. Moulier Boutang, B. Paulré, A. Papathéodorou & L. Moineau, E. Rullani, R. Stallman, Ombre Corte, juillet 2002

Moulier-Boutang, en collaboration avec A. Corsani, P. Dieuaide, M. Lazzarato, J.-M. Monnier,B. Paulré, C. Vercellone ( octobre 2001), « Le capitalisme cognitif comme sortie de la crise du capitalisme industriel, Un programme de recherche », Communication au Forum de la Régulation, Paris, Ronéotypé, Isys-Matisse, URM 85-95 CNRS-Université de Paris 1, document disponible sur CD Rom

Références (3)

Moulier Boutang Y. ( 2002 C) , " Nouvelles frontières de l’économie politique du capitalisme cognitif", Communication au Colloque Textualités et Nouvelles Technologies, 23-25 octobre, Musée d’Art Contemporain de Montréal, Revue éc / artS , n° 3, pp. 121-135 

Moulier Boutang, Y. (Santiago du Chili, 12 septembre 2002 D) « Les nouvelles clôtures : nouvelles technologies de l’information et de la communication ou la révolution rampante des droits de propriété », Communication à la Conférence Internationale du Projet de Recherche PEKEA (Political and Ethical Knowledge on Economic Activities), 8° atelier, Apprentissage et changement technologique, au siège de la CEPAL

Références (4)

Moulier Boutang, Yann (2003 ) Capitalisme cognitif et nouvelles formes de codification du rapport salarial , in C. Vercellone ( direction de ), Sommes-nous sortis du capitalisme industriel ?, La Dispute, Paris, pp. 305-328.

Moulier Boutang, Y. (2003) « Le modèle productif du logiciel libre : Une institution intermédiaire entre le marché et l’Etat « in Actes du Colloque Construction d’identités, construction de sociétés, en l’honneur de Renaud Sainsaulieu, Royaumont, 4 juin 2002, CNRS, LSCI-IRESCO, Paris pp. 111- 130.

Moulier Boutang, Y ; (2003) " Réseau contre clôtures et clôture des réseaux : la question des logiciels libres ", in Cosmopolitiques, L’économie peut-elle être solidaire, n° 5, Editions de l’Aube/Cosmopolitiques, pp. 114-26

Références (5)

Moulier Boutang Yann, (2004) « Entreprises et main d’œuvre à l’heure du capitalisme cognitif » 482 ° Conférence de l’Université de tous les savoirs, prononcée le 11 juillet 2003, publiée in Yves Michaud, (direct.) Qu’est-ce que la globalisation ? , 0dile Jacob, Paris ; pp. 139-172

Lazzarato Maurizio (2002) Puissance de l’invention, La psychologie économique de Gabriel Tarde, Les Empêcheurs de penser en rond, Le Seuil

Lazzarato, Maurizio (2004), Révolutions capitalistes, les Empêcheurs de penser en rond, Le Seuil.



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