Au fil des nouveautés critiques

Mise en ligne janvier 1996

ALTERNATIVES SUD, Vol. Il (1995) 2, L’avenir de l’État-nation, L’Harmattan, Paris, 180p. Les processus de globalisation qui travaillent le capitalisme mondial tendent à réduire l’efficacité des États-nations. Cela se manifeste de deux manières : d’une part, les décisions économiques se prennent à des niveaux inaccessibles pour les moins influents d’entre eux. D’autre part, les politiques néo-libérales poursuivies par le personnel politique aux affaires les « dépouillent » de certaines fonctions et ressources financières, liées notamment aux dispositifs « sociaux » du Welfare. Ces évolutions confinent la démocratie dans un champ de représentation politique qui semble de plus en plus tourner à vide, alors qu’en même temps elle se trouve subordonnée aux impératifs de l’accumulation. Repenser la fonction de l’État revient alors à reposer le problème de la logique du fonctionnement de l’économie : « L’État démocratique instauré par les révolutions bourgeoises est sans doute nécessaire et il représente un progrès dans l’organisation des sociétés, mais en lui-même, il ne peut signifier l’ultime étape du processus historique de l’humanité. Contrairement à la perspective hégélienne, s’il est autre chose qu’une idée, il est une réalité construite au sein de rapports sociaux entre groupes inégalement situés dans le champ économique, social, culturel et finalement politique. Comme toute institution, il peut acquérir une certaine autonomie lui permettant d’établir des protections sociales, mais dans l’État occidental cette dernière est souvent limitée aux domaines stricts de la citoyenneté politique et de la sécurité sociale, soit à tout ce qui ne remet pas en question son rôle de caution du système économique » (Éditorial, p. 15). Parmi les sujets abordés dans ce numéro, on trouvera les études sur l’État comme employeur en Amérique Latine (Luis Gutierrez), sur les causes d : l’institutionalisation d’une politique de violence dans la société somalienne (Abdi Ismail Samatar), sur la profonde et multiforme crise que connaît le Monde arabe depuis le milieu des années 1980, prisonnier de l’alternative entre « la tentation de dé-modernisation répressive de l’islamisme politique et la reconduction d’une modernité en crise » (Hakim Ben Hammouda), sur les leçons que l’on peut retenir du rôle de l’État dans les nouveaux pays industrialisés de l’Asie de l’Est (Jomo K. Sundaram).

BEN HAMMOUDA Hakim, Tunisie : Ajustement et difficulté de l’insertion internationale, L’Harmattan, coli. « Forum du Tiers Monde », Paris, 1995, 207p. Le jeune économiste de cette étude préfacée par Samir Amin s’interroge sur le caractère et les mécanismes de la crise de l’économie tunisienne depuis le milieu des années 1980. Prenant appui sur les apports de la théorie de la régulation dans l’étude des problèmes de développement, l’auteur entend vérifier l’hypothèse selon laquelle cette crise est une crise d’insertion dans la nouvelle division internationale du travail résultant de l’échec du keynésianisme planétaire. En effet, la déstructuration de la dynamique& croissance des années 1970 connote l’épuisement d’une stratégie de développement basée sur la promotion des exportations, stratégie qui jouait sur la délocalisation des activités du centre capitaliste intensives en travail vers les économies du Sud comme réponse à la baisse de la productivité. Or, l’introduction des nouvelles technologies dans le procès de production a renouvelé les gains de productivité au sein du capitalisme avancé, tout en mettant en cause l’idée d’une distribution géographique des activités industrielles selon le principe des avantages comparatifs. « C’est pourquoi on assiste, parallèlement à l’accélération du mouvement de relocalisation des firmes transnationales, à une marginalisation croissante des pays du Sud et à la mise en place dans le Nord de nouvelles stratégies de reconquête de la compétitivité, stratégies basées sur le développement de leurs avantages absolus » (p. 17-18). Pour le cas tunisien, la récente évolution connote l’érosion des ancrages productifs dV son espace économique au sein de l’économie internationale. L’exemple CL l’industrie textile est significatif : consécutivement au recentrage autour dy quelques grandes unités et à la disparition des réseaux de sous-traitance qui existaient auparavant, ce secteur semble avoir atteint ses limites et ne peut plus désormais fonctionner comme la principale source d’insertion à l’économie internationale. Dans un contexte caractérisé par le passage d’une économie de crédit international à une économie d’endettement, le triomphe idéologique et politique du monétarisme appelle une réflexion critique susceptible de définir une nouvelle problématique du développement et une nouvelle vision stratégique de l’économie tunisienne. C’est à cette tâche constructive que l’étude de Hakim Ben Hammouda entend contribuer.

BENOT Yves, Massacres coloniaux. 1944-1950 : la IVe république et la mise au pas des colonies françaises, Éditions La Découverte, coll. « Textes à l’appui/série histoire contemporaine », Paris, 1994, 199p. 98FF. Un livre fort utile qui revient sur les massacres perpétrés dans les colonies, rebaptisées Union française, entre 1944 et 1950 : Sétif (Mai-Juin 1945), Haiphong (bombardement de 1946), Madagascar (1947), Casablanca (1947), Côte d’Ivoire (1949-1950) et tant d’autres pages sanglantes de l’histoire coloniale française. S’inscrivant en faux contre la « révision » de cette histoire qui est dans l’air du temps, l’auteur entend montrer la continuité entre la volonté du parti colonial de 1945 de maintenir et de perpétuer la domination directe sur ces pays et le système de rapports singuliers en vigueur depuis la décolonisation. Comme le souligne dans sa préface François Maspero, « suivant la logique désormais classique des révisionnismes, les massacres dont il est question dans ce livre sont moins niés que communément ramenés au rang de « détails » [... j dans la grande geste de l’aventure coloniale. C’est le mérite de ce livre de rappeler qu’en matière de crimes contre l’humanité il n’y a pas de « détails » et qu’au-delà même des crimes, le sort de l’humanité est lié au sort qui est fait à la mémoire qu’elle voudra ou non en retenir ».

BROSSAT Alain (sous la direction de), Michel Foucault, les jeux de la vérité et du pouvoir, Presses Universitaires de Nancy, coli. « Forum de l’IFRAS »), Nancy, 1994, 242p., 140FF. Ce volume collectif rassemble des contributions issues d’une rencontre autour de l’oeuvre de Michel Foucault organisée à Sofia (Bulgarie) en 1993 et réunissant des chercheurs français et est-européens. Confrontation inaugurale entre intellectuels aux préoccupations divergentes qui s’accordent sur la valeur heuristique de la conceptualisation foucaldienne (des notions telles que le pouvoir-savoir, le bio-pouvoir, l’ordre du discours, ou la véridiction). Dans un contexte marqué par l’effondrement du Carthage soviétique » et les incertitudes des sociétés « post-staliniennes », la réappropriation de l’oeuvre de Foucault donne lieu à des lectures innovantes qui ravivent son actualité et reviennent sur ses défis qu’il s’agit d : saisir tant sur le plan de la discursivité que sur celui de la pratique politique.

COMBE Sonia, Archives interdites. Les peurs françaises face à l’Histoire contemporaine, Albin Michel, Paris, 1994, 328p., 120FF. Comment expliquer « le climat général de rétention d’archives » propre à la France, récusé récemment par Robert Paxton et Michael Marrus, historiens américains spécialisés sur le régime de Vichy (Entretien dans passages, Décembre 1991) 9 A partir de quelles caractéristiques institutionnelles et dispositions pratiques l’accès à la consultation scientifique des Archives nationales se trouve-t-il effectivement interdit sur nombre de zones d’ombre d` l’Histoire telles que l’Occupation ou la guerre d’Algérie ? En fait, soutient Sonia Combe, chercheur à la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine (BRIC, Nanterre), le mode de gestion de nos archives constitue « une enclave de « totalitarisme » dans notre espace démocratique. Culte français du secret, archives « sensibles » qui ne figurent pas dans les catalogues, méfiance à l’égard de toute personne extérieure à la corporation des archivistes, conduites d’évitement, suspicion de toute attitude critique, peur d` représailles administratives, conditions d’accès à la consultation des archives particulièrement rigides : voici quelques-uns des symptômes du « refoulement de l’archive ». Pénétrer dans le monde des archives revient à pénétrer dans un monde où la prudence défensive, le secret et le savoir « protégé » sont de règle. Cette situation conduit l’auteur à soulever un double problème dont la dimension politique porte directement sur le fonctionnement démocratique des institutions. D’une part, le mode de gestion d’une institution étatique qui s’approprie la « mémoire de la nation », les Archives de France, contredit les principes de la transparence démocratique. D’autre part, il faut se convaincre que ces pratiques ont des conséquences importantes sur l’écriture d : l’histoire, notamment en ce que concerne la production historiographique qui étudie des périodes « sensibles » de l’histoire française. En effet, « des exemples précis ont prouvé que l’accès privilégié aux archives peut renforcer certains silences en raison du lien de sujétion que le système de dérogation introduit, comme si le chercheur était animé du souci politique et non scientifique de ne pas raviver des blessures mémorielles et délaissait volontairement des questionnements susceptibles de heurter des milieux ci’ mémoire influents » (p. 309).

CORCUFF Philippe, Les nouvelles sociologies, Éditions Nathan, coll. « Sociologie-128 », Paris, 1995, 128p., 49FF. Parcours synthétique des ressources conceptuelles travaillées et discutées en sociologie française dans les années 1980 et dans la première moitié des années 1990. La visée pédagogique de la présentation ne nuit point aux qualités intellectuelles que ce petit ouvrage enferme : souci de confrontation entre problématiques savantes qui tentent de dépasser le lexique dichotomique de l’outillage traditionnel en sociologie et, plus généralement, en sciences sociales ; choix d’analyser les nouveaux paradigmes et les nouvelles références théoriques dans une perspective qui privilégie les échanges interdisciplinaires entre la sociologie et les autres sciences de la « société », comme entre la sociologie et la philosophie ; tendance à saisir la galaxie des nouvelles constructions savantes de la réalité sociale non pas comme une juxtaposition de travaux très disparates, renvoyant au phénomène de l’hyperspécialisation des sous-champs disciplinaires, mais comme un espace de réflexivité commune et contradictoire, où des convergences inédites et des perspectives partagées émergent en dépit de la fragmentation persistante. La démarche retenue ici, celle du constructivisme social, tend à appréhender la réalité sociale comme construite et non pas comme « donnée » une fois pour toutes. Elle dessine un nouvel espace de questions, balisé par les travaux de Norbert Elias, Peter Berger, Erving Goffman, Pierre Bourdieu, Anthony Giddens et bien d’autres. Ainsi, elle contribue à dénaturaliser (defataliser, selon le mot de Pierre Bourdieu) les interrelations humaines. On regrettera seulement quelques vues hâtives et quelques omissions notoires, en particulier en ce qui concerne les approches sociologiques, françaises ou anglo-saxonnes, se réclamant de l’oeuvre dr Marx.

DURAND Jean-Pierre, La sociologie de Marx, La Découverte, coli. « Repères », Paris, 1995, 124p. Le génie composite de Marx a été l’objet obstiné de multiples mythes simplificateurs. Après l’étiolement du marxisme historique, comment l’oeuvre de Marx, débarrassée de ses « dérives téléologiques », peut-elle encore être efficace pour comprendre et apprendre sur les classes sociales, le pouvoir ou les idéologies, et mettre à jour des lignes do démarcation qui épousent les enjeux sociaux du capitalisme contemporain ? Jean-Pierre Durand fait sienne la thèse d’Henri Lefebvre selon laquelle « Marx n’était pas sociologue, mais il y a une sociologie chez Marx ». Une grande partie des questions théoriques posées et des concepts proposés et utilisés par lui émergent à travers la discussion d’objets empiriques précis. Ainsi, Marx s’interroge sur la coopération et la division sociale du travail dans la manufacture et la grande industrie, sur la parcellisation des tâches et l’intensification du travail ou sur la mécanisation et l’efficacité technique du système productif. Cette analyse marxienne du travail et de la technique subordonnés aux rapports de production capitalistes a influencé l’essor et l’orientation de la sociologie du travail après la Seconde Guerre mondiale. Elle reste toujours d’actualité, dévoilement critique de l’ordre établi et appel pratique à la transformation des rapports capitalistes qui persistent. Or, remarque dans sa conclusion l’auteur, si Marx est moins présent qu’hier, « c’est parce que la sociologie a beaucoup perdu de sa dimension critique et s’est éloignée de la théorisation en multipliant les études empiriques commanditées par telle ou telle administration ».

LEVALLOIS Agnès et POMMIER Sophie, Jérusalem : de la division au partage ? Éditions Michalon, Paris, 1995, 203p., 100FF. La question du futur statut de la « ville éternelle » constitue un enjeu essentiel pour l’avenir de la paix entre les peuples Israélien et Palestinien. Jérusalem, foyer de trois religions abrahamiques, mosaïque territoriale et humaine, reste une ville marquée par le poids du passé. Les auteurs de cet ouvrage préfacé par Rémi Leveau nous aident à mieux comprendre les rivalités qui opposent les différents groupes de croyants présents dans la ville, l’intensité symbolique dv la bataille pour la réappropriation de la mémoire historique, ainsi que la dimension politique d’un conflit non résolu qui mobilise beaucoup d’acteurs régionaux et internationaux.

MALCOLM X, Le pouvoir noir, L’Harmattan, Paris, 1993, 267p. Textes réunis et présentés par George Breitman, traduits par Guillaume Carle. Réédition critique d’un recueil de textes politiques du plus célèbre militant noir américain, assassiné le 21 février 1965 à New York. L’ouvrage, paru pour la première fois en Français en 1966 (Éd. Maspero), reprend la belle préface de Claude Julien. Les discours de Malcolm X sélectionnés ici datent tous de la dernière année de sa vie, à l’exception du premier (« Et d’abord, qu’est-ce qu’une révolution ? », fin 1963).

MOTS, n° 45, Dire non en politique, Presses de Sciences Po, Paris, décembre 1995, 142p., 95FF. A travers une grande diversité de cas analysés, l’interrogation de ce numéro porte sur les relations possibles de la modalité négative et de l’acte de refus.

NEW LEFT REVIEW, n° 214, Hobsbawm’s Twentieth Century, NovembreDécembre 1995, 160p., £4.50 (Abonnements : 120-126 Lavender Avenue, Mitcham, Surrey CR4 311P, G. B.). Au centre du travail érudit et captivant d : Hobsbaum se trouve une histoire du monde depuis 1789 en quatre volumes dont The Age of Extremes. The Short Twentieth Century, 1914-1991 (1994) est la dernière partie. La tétralogie a commencé en 1962 avec The Age of Revolution, 1789-1848, suivi par The Age of Capital, 1848-1875 (1975) et The Age of Empire, 1875-1914 (1987). Dans leurs contributions, Göran Therborn, Tom Nairn et Michael Mann abordent une série de thèmes tels que le nationalisme comme démiurge de l’histoire moderne ou la conceptualisation de la globalisation et du déclin de l’Eurocentrisme, thèmes stimulés par le dernier volume de cette oeuvre remarquable. A lire également l’article de R. W. Davies sur le travail forcé pendant la période stalinienne à partir des nouvelles révélations suite à l’ouverture des archives soviétiques.

REVUE FRANÇAISE DE SCIENCE POLITIQUE, Vol. 45, n° 4, La protection sociale en perspectives, Presses de Sciences Po, Paris, Août 1995, pp. 539-740, 115FF. Ce numéro spécial regroupe des textes historiques et comparatifs qui portent sur l’analyse politique de la protection sociale. Comme l’indiquent dans leur présentation Jean Leca et Bruno Palier, la présente livraison ne se tourne pas vers le passé simplement pour commémorer le cinquantième anniversaire de la promulgation de l’ordonnance du 4 octobre 1945, texte fondateur de la Sécurité sociale française, « mais plutôt pour montrer l’intérêt du « détour par l’histoire » et du « détour par l’étranger » pour comprendre et analyser les enjeux actuels ayant trait à la protection sociale en France ». Contributions de Gilles Pollet et Didier Renard(« Genèses et usages de l’idée paritaire dans le système de protection sociale français. Fin 19e - milieu du 20e siècle »), Nicole Kerschen (« L’influence du rapport Beveridge sur le plan français de sécurité sociale d : 1945 »), Jose Harris (« Le compromis de Beveridge. Contrat et citoyenneté dans la protection sociale, 1934-1948 »), Werner Abelshauser (« Erhard ou Bismarck ? L’orientation de la politique sociale allemande à la lumière de la réforme de l’assurance sociale des années 1950 »), Walter Korpi (« Un État Providence contesté et fragmenté. Le développement de la citoyenneté sociale en France. Comparaisons avec la Belgique, l’Allemagne, l’Italie et la Suède »), Bruno Palier et Giuliano Bonoli (« Entre Bismarck et Beveridge. « Crises » de la sécurité sociale et politique(s) »).

SOCIOLOGIE DU TRAVAIL, XXXVII n°2195, La ville : Habiter, gouverner, Dunod, avril-septembre 1995, pp. 121-344, 120FF. Les contributions de ce numéro couvrent trois registres : la ville comme reflet des problèmes de société, l’urbanité des banlieues, la ville comme grand système technique ; la transformation des formes de l’action publique ; l’implication du travail de recherche des sciences sociales dans la nouvelle géométrie du gouvernement urbain. Articles de François Dubet (« Les figures de la ville et la banlieue »), Philippe Warin (« Les HLM : impossible participation des habitants »), Jean Laterrasse (« De la ville machine à la ville citoyenne : le lent cheminement des réseaux »), Dominique Lorrain (« La grande entreprise urbaine et l’action publique »), Olivier Borraz (« Politique, société et administration : les adjoints au maire à Besançon »), Patrick Le Galès (« Politique de la ville en France et en Grande Bretagne : volontarisme et ambiguïtés de l’État »), Michel Marié (« La guerre, la colonie, la ville et les sciences sociales »), Gerry Stoker (« Urban governance in Britain »), Francis Godard(« Recherche sur la ville : clercs ou experts ? »).

STORA Benjamin, L’Algérie en 1995, Éditions Michalon, coll. « Idées et Controverses », Paris, 1995, 114p., 80FF. Un essai d’« intervention » sur la crise algérienne qui se manifeste à la fois sur le plan politique, économique, social et identitaire. Au-delà des sommations humanitaires qui tracent des manichéismes d’engagement, ce travail d’élucidation rappelle « qu’il n’y a pas de compréhension en profondeur d’une situation politique sans rapport à l’histoire ». Le poids de la mémoire dans l’histoire présente dr l’Algérie, les habits anciens des combattants dans la « deuxième guerre algérienne » et la restructuration du champ politique en Algérie constituent les trois axes autour desquels l’ouvrage de B. Stora prend forme. L’auteur a par ailleurs publié récemment Histoire de la guerre d’Algérie, 1954-1962 (la Découverte, 1993) ; et Histoire de l’Algérie depuis l’indépendance, 1962-1994 (La Découverte, 1994).

TABLEAUX DE L’ÉCONOMIE FRANÇAISE, 1995-1996, INSEE, Paris, 1995, 195p., 79FF. La 19e édition de cette publication fait la synthèse des données économiques les plus récentes, disponibles au 1l juillet 1995. L’ouvrage se divise en six domaines : territoire-population, société-modes d vie, emploi-revenus, économie générale-finances, système productif, échanges extérieurs. Pour faire le point sur l’économie française d’aujourd’hui le lecteur pourrait également consulter une autre édition de l’INSEE établie à partir du Rapport sur les comptes de la Nation de 1994 (L’Économie française. Édition 1995, Livre de poche, coli. « Références », n° 520, Paris, 1995, 282p.).

TUMULTES, n°6, La conscience des mots. Des représentations du politique en littérature, L’Harmattan, Paris, Mai 1995, 200p. Fondée en 1992 par Soma Dayan-Herzbrun, cette revue qui ambitionne de croiser les disciplines est associée au Centre de sociologie des pratiques et des représentations politiques (Université Paris VII-Denis Diderot). Les cahiers déjà parus portent sur les « Crises de légitimation et intégrismes » (n° 1), « Les passions politiques » (n° 2-3), « La maison hantée. L’Europe de l’Est après la chute du communisme » (n° 4) et sur les « Figures de l’étranger » (n° 5). Le thème d ce numéro concerne les rapports complexes que la fiction littéraire entretient avec la politique. Articles, entre autres, de Jean-Luc Nancy, Monique Gadant et Philippe Mesnard.



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