La revue Multitudes met en ligne sur son site la traduction française du livre de Mario Tronti, Ouvriers et Capital, l’un des grands "classiques" de l’opéraisme italien, publié en 1966 aux éditions Einaudi sous le titre Operai e Capitale.

La traduction française, réalisée par Yann Moulier, avec la collaboration de Giuseppe Bezza, a été publiée en 1977 chez Christian Bourgois. Cette édition aujourd’hui épuisée contenait la "quatrième de couverture" suivante :

Ce livre est le grand classique de l’ « ouvriérisme italien », mouvement à l’origine du renouvellement théorique et politique de la gauche révolutionnaire extra-parlementaire, et de tout un courant du Parti communiste italien. Asor Rosa présentait ce livre en ces termes : « La découverte fondamentale de Tronti peut se résumer dans une formule qui fait de la classe ouvrière le moteur dynamique du capital et du capital une fonction de la clase ouvrière, formule qui donne à elle seule une idée de l’ampleur du renversement de perspectives qu’un telle position implique politiquement. »
Marx, Lénine, les questions théoriques de toute la tradition du mouvement ouvrier subissent une refonte étonnante à la lumière des « lois de mouvement de la classe ouvrière ». En effet, celle-ci est pour l’auteur l’unique secret du mode de production capitaliste ; son histoire interne constitue la seule histoire scientifique du capital. De là aussi un autre regard sur les mouvements de classe actuels : « La non-collaboration pour programme, la passivité organisée, l’attente comme arme, le refus politique, la continuité d’une lutte permanente, telles sont les formes spécifiques historiques qu’a revêtues la généralisation actuelle de la lutte de classes des ouvriers. Il s’agit de formes de transitoires correspondant à une situation transitoire : celle où les ouvriers se trouvent déjà socialement au-delà des vieilles organisations, et encore en deçà d’une nouvelle organisation ; en fait sans organisation politique, qu’elle soit réformiste ou révolutionnaire », écrit Tronti.


Voici le sommaire de ce livre :

- Introduction : La ligne de conduite
- Avertissement à la seconde édition

PREMIERES HYPOTHÈSES
- Marx hier et aujourd’hui
- L’usine et la société
- Le plan du capital

UNE EXPÉRIENCE POLITIQUE D’UN TYPE NOUVEAU
- Lénine en Angleterre
- Une vieille tactique au service d’une nouvelle stratégie
- 1905 en Italie
- Classe et parti

PREMIÈRES THÈSES
- Marx, force de travail, classe ouvrière
- 1. Hegel et Ricardo
- 2. L’échange argent/travail
- 3. Critique de l’idéologie
- 4. Maudit soit Juin !
- 5. La particularité de la marchandise force de travail
- 6. Travail productif
- 7. Qu’est-ce que le prolétariat ?
- 8. Les formes de la lutte
- 9. Le travail comme non-capital
- 10. Le mot d’ordre : la valeur-travail
- 11. La classe
- 12. La stratégie du refus
- 13. Tactique = organisation
- 14. Lutte contre le travail

POST-SCRIPTUM AUTOUR DE QUELQUES PROBLÈMES
- The Progressive era
- L’époque de Marshall
- La social-démocratie historique
- La lutte de classe aux États-Unis
- Marx à Detroit
- Sichtbar machen

About Tronti’s talk at the last Historical Materialism conf in London, December 2006. ps. they say that in the same days a copy of Operai e Capitale just republished by Derive Approdi has been found on Marx’s grave at Highgate (...)
It has been suggested to me, in the corridors of the Historical Materialism conference held over the week end, that what distinguishes what we may call, broadly speaking, autonomist marxism with other marxist approaches is the argument that the “working class” is the agent of transformation that pushes capital on the defence and (...)

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