Le livre de Negri sur Spinoza [1], écrit en prison, est un grand livre, qui renouvelle à beaucoup d’égards la compréhension du spinozisme. Je voudrais insister ici sur deux des thèses principales qu’il développe.
1 / L’anti-juridisme de Spinoza
L’idée fondamentale de Spinoza, c’est celle d’un développement (...)
P. Macherey, « Préface à L’anomalie sauvage, de Negri : Spinoza présent », in Negri, L’anomalie sauvage, trad. F. Matheron, P.U.F., 1982
« Un je ne sais quoi de disproportionné et de surhumain » : c’est ainsi qu’A. Negri caractérise l’aventure théorique dans laquelle Spinoza s’est engagé ; et il restitue dans toute sa force sa virulence exceptionnelle d’événement qui, faisant irruption dans le temps, en brise l’apparente continuité et, par (...)
Ce texte est d’abord paru dans : Alexandre Matheron, "Préface", in A. Negri, l’Anomalie sauvage, trad. F. Matheron, P.U.F., 1982, pp.19-25
Je voudrais dire ici à la fois mon admiration pour le livre de Negri, mon accord avec ce qui me paraît être l’essentiel de son interprétation de Spinoza, et aussi, accessoirement, les quelques réserves qu’il peut inspirer à un historien de la philosophie professionnellement toujours tenté d’en rester à la littéralité des (...)
Ce texte est d’abord paru in : A. Negri, L’anomalie sauvage, "Préface de l’auteur", P.U.F., 1982, traduit de l’italien par François Matheron.
Spinoza, c’est l’anomalie. Si Spinoza, athée et maudit, ne finit pas ses jours en prison ou sur un bûcher, comme d’autres innovateurs révolutionnaires aux seizième et dix-septième siècles, il ne le doit qu’à ceci : sa métaphysique représente la polarité effective d’un rapport de forces antagonistes déjà solidement (...)
Ce texte est d’abord paru in : Éric ALLIEZ, « Spinoza au-delà de Marx », Critique, août-sept. 1981, n° 411-412, pp. 812-821.
Sur ANTONIO NEGRI, L’anomalia selvaggia, saggio su potere e potenza in Baruch Spinoza, Milan, Feltrinelli, (...)
Il est des oeuvres, essentiellement énigmatiques, dont le grain évoque une affirmation nomade, une sorte de pari idéal excédant les distributions fixes des modèles préexistants. Gageons qu’à s’inscrire en ce sillage, il faille chercher alors la naissance du pari du côté du monde fluent des problèmes, du côté d’une procédure (...)
Ce texte est d’abord paru in : A. Negri, « "Retour à Spinoza" et le retour du communisme », Spinoza subversif- Variations (in)actuelles, Antonio Pellicani Editore, Roma, 1992 ; Kimé, Paris, 1994 pour la trad. fr. (F. Matheron et M. (...)
Inutile de le cacher, le "retour à Spinoza", qui investit une partie si considérable de la culture philosophique européenne, celle du moins qui refuse de se perdre, satisfaite de sa propre passivité, dans les sables mouvants de la pensée de la Krisis - ce "retour à Spinoza" se révèle lié à la crise du marxisme. Un aspect considéré souvent (...)
Le choc Spinoza Spécialiste de la Hollande du XVIIe siècle, où il « rencontre » l’auteur de l’Éthique, Jonathan Israël multiplie ses voyages à travers l’Europe pour les Lumières radicales et fréquente, dans cinq ou six langues, (...)
Historien des idées, vous étudiez les Lumières en observant d’abord les débats philosophiques en leur sein. Rompant avec l’idée habituelle d’un seul et même mouvement intellectuel, vous distinguez Lumières radicales et Lumières modérées. En quoi se différencient-elles ?
Jonathan I. Israël : L’essentiel de cette (...)