L’universel est en crise. Depuis longtemps : la raison bourgeoise et citoyenne affiche l’égalité, clame la liberté, mais place la propriété au premier rang des constitutions. (La raison du socialisme réel affiche la fraternité et l’égalité mais fait de la liberté et la puissance de "l’Etat du Peuple" la seule mesure de (...)
Dans quelle mesure peut-on exposer l’universel aux luttes et revendications partielles ? Prendre acte de la fragmentation du tissu politique sans vouloir pour autant abandonner l’idéal de l’émancipation induit en effet à (...)
La fragmentation des revendications et donc du tissu politique est un fait qui doit pouvoir être traité comme tel [4]. Il ne peut être question de l’envisager comme quelque chose qu’il serait bon ou non d’éviter. J’entends donc seulement exposer ici certaines conditions pour que ce fait apparaisse positivement dans le (...)
Au livre par Alain Badiou consacré à son "non-rapport" à Deleuze succèdent un Saint Paul, sous-titré La fondation de l’universalisme, et, en série avec ce dernier ouvrage, un recueil d’interventions autour du politique, Abrégé de métapolitique, définissant son effectivité collective comme "principiellement universelle" [12]. (...)
Dans son compte rendu du livre de Dipesh Chakrabarty (« Provincializing Europe »), Michael Hardt relève que le capital gouverne par imposition sur la société d’une temporalité uniforme et homogène. La tradition historiographique coloniale (...)
Tout [19] au long du développement de la période moderne, histoire de l’Europe et histoire du capital ont coïncidé dans une avancée coordonnée à travers le monde. La coïncidence, bien sûr, était seulement partielle, mais le soutien mutuel ainsi constitué, était essentiel : l’histoire moderne de l’Europe (et en particulier la (...)
L’analyse hégélienne du combat du maître et de l’esclave (serviteur) installe la circularité du leurre dans la domination. Les esclaves se révoltent car ils veulent un maître ou devenir maîtres eux-mêmes. La proposition centrale de (...)
Alexandre Kojève reliant la lutte pour la reconnaissance et la déduction hégélienne du travail [23] met l’accent sur une analyse ternaire ou triangulaire du désir : ce dernier est nécessairement désir du désir de l’autre, et l’autre en se voulant (et il ne peut vouloir qu’en se voulant sauf s’il est fou [24]) veut (...)
Le concept de système-monde-moderne de Wallerstein apparaît encore eurocentrique face à celui de Quijano de "colonialité du pouvoir" ou celui de Dussel de "transmodernité". Il ne s’agit pas seulement en effet de montrer que l’Europe (...)
En décembre 1998 s’est tenu un atelier sur "Capitalisme historique, colonialité du pouvoir et transmodernité" au Centre Fernand Braudel à l’Université de Binghamton avec des conférences d’Immanuel Wallerstein, Anibal Quijano et Enrique Dussel.
D’après Dussel la critique postmoderne de la modernité n’est pas (...)
La Corse pose problème à la République Française, pour une question pourtant relativement banale en Europe. Pour comprendre, il faut se souvenir de l’histoire de l’île, et de la construction de sa relation de dépendance vis-à-vis du (...)
La production des nations est indissociable de celle d’un imaginaire national. Cet imaginaire est appuyé sur l’existence d’un peuple, rassemblé autour des événements fondateurs, dans un récit qui est un mélange d’histoire et de légende. Ce récit légitime rétrospectivement la constitution du peuple, mais en contournant (...)
Version originale en langue anglaise de cet article : Modernity and Its Critique : The Problem of Universalism and Particularism
S’agissant du Japon au seuil de la postmodernité, à travers la lecture de The Fracture of Meaning de David (...)
Le terme "postmoderne" atteste de manière oblique du genre de contradiction interne auquel parvient l’universalisme moderne.
The Fracture of Meaning de David Pollack est un de ces cas éclairant où l’on peut observer ce qui arrive quand un universalisme naïf est confronté à une identification. Il réagit au changement de (...)
On examine le concept de multiculturalisme pour en dégager deux lectures universalistes. La première : en dépit de nos différences, nous sommes tous humains, la seconde : grâce à nos différences nous accédons à l’humanité. À l’âge de (...)
Le multiculturalisme est un concept et une idéologie dont la polémicité n’est pensable qu’au nom de la déstructuration de la narration nationale sous l’effet de la globalisation. Le multiculturalisme, autrefois nommé pluralisme culturel et/ou cosmopolitisme, par Horace Kallen ou Randolph Bourne, tente de concilier la (...)