La modernité se constitue, selon Simondon, à partir d’un paradigme qui traverse tous les domaines de l’expérience : l’être-individuel. Elle se définirait comme un ensemble d’opérations, de techniques, de connaissances (...)
Whitehead écrit que « la philosophie ne revient jamais à une position antérieure après les ébranlements que lui ont fait subir un grand philosophe »( [1]). L’histoire de la philosophie serait faite de chocs, de ruptures sous l’apparence d’une continuité de problèmes. Dès lors, interroger la « nouveauté » d’une pensée (...)
Pourquoi lire Simondon aujourd’hui ? Sept axes de pertinence sont esquissés, sept problématiques dont Simondon nous invite à lancer et à explorer le chantier, sept décalages par rapport à la façon dont les discours politiques dominants (...)
En réfléchissant à « la valeur d’un acte », Gilbert Simondon remarque que « la réalité éthique est bien structurée en réseau, c’est-à-dire qu’il y a une résonance des actes les uns par rapport aux autres, non pas à travers leurs normes implicites ou explicites, mais directement dans le système qu’ils forment et qui est (...)
Plus que tout autre penseur, Duns Scot et Simondon se sont longuement arrêtés sur le rapport entre ce qui est surtout commun et ce qui est surtout singulier. Relever certaines assonances entre leurs thèses peut nous aider à mettre au point un (...)
Qui veut aujourd’hui saisir par la pensée son temps propre (au lieu de perdre son temps en pensées délicates ou ronflantes, mais en tout cas inoffensives) doit s’arrêter longuement sur le rapport entre ce qui est surtout commun et ce qui est surtout singulier. Ce locuteur particulier, dont les énoncés ont suscité notre approbation (...)
La pensée simondonienne de l’individuation ne s’est pas directement attachée à s’appliquer au politique. Pourtant, à travers des notions comme celles de métastabilité, de milieu associé, de centralité ou même d’éthique, (...)
Peut-on légitimement prolonger la pensée de Simondon dans l’ordre du politique ? N’est-ce pas trop demander à une démarche qui s’en est tenue à l’univers philosophique, que de la faire intervenir dans l’ordre de la cité, et comment faire ce travail avec elle, sans lui faire dire ou faire le contraire de ce (...)
Dans cet article, Isabelle Stengers analyse la rencontre entre le « germe-Simondon » et le milieu soudainement réceptif qui l’accueille aujourd’hui. Agacée par une certaine forme de piété risquant d’entourer désormais Simondon, (...)
À l’exception notable de Gilles Deleuze, le concept de transduction créé par Simondon n’a pas, de son vivant, suscité beaucoup d’intérêt. Il en va tout autrement aujourd’hui, ce qui d’ailleurs convient parfaitement aux thèses simondoniennes : l’« information » associée à un germe, ici un penseur ou un livre, (...)
Après une synthèse rapide sur la séquence spéculative « individuation, transduction, transindividualité » qui traverse la pensée de Simondon, les auteurs se penchent sur ce qui leur paraît en constituer une limite paradoxale : l’isolation (...)
« C’est une grande folie de vouloir être sage tout seul »
Une philosophie, pour autant qu’elle se soucie de cohérence, procède à l’auto-élucidation de l’acte qu’elle est : c’est ce que montre exemplairement l’œuvre de Simondon. Un tel acte n’est pas sans risque. Il peut, en particulier, (...)
Est-il possible d’extraire des écrits de Gilbert Simondon les linéaments d’une pensée (de la) politique ? On esquissera une réponse affirmative en portant notre attention sur trois aspects de la philosophie de Simondon : 1. la façon (...)
The power of a word lies in the very inadequacy of the context in which it is placed, in the unresolved or partially resolved tension of disparates.
Robert Smithson
Il y aurait maintes raisons pour juger une lecture politique des écrits de Simondon illégitime et stérile, ou au moins foncièrement problématique. D’abord, on pourrait (...)
L’œuvre de Gilbert Simondon est consacrée à l’acte de connaissance comme propre à l’expérience humaine et commun à tous les champs spécialisés. Il s’agit d’un départ vers l’infini, d’une ouverture à (...)
« Nous pouvons seulement individuer, nous individuer, et individuer en nous » [55]
La pensée de Gilbert Simondon embarrasse. Pensée de la totalité, on ne peut la ranger commodément dans les découpages obligés des disciplines. Les avatars de l’édition suivent ces fluctuations. La publication de l’œuvre, non comme trois tomes, (...)
À rebrousse-poil de la technophobie qui hante les traditions de pensée inspirées de Heidegger et de Habermas, Simondon nous invite dans sa réflexion sur le Mode d’existence des objets techniques à sortir par le haut de la critique de la (...)
La pensée occidentale( [67]), de Heidegger à Habermas en passant par Ellul, est traversée par la terreur de l’autonomisation croissante de la technique, dont les implications politiques seraient à proprement parler ravageuses pour la démocratie. De la critique de la technocratie à celle de la technique, il n’y a qu’un pas, (...)
À la suite de quelques remarques générales sur les enjeux théoriques de l’invention lexicologique pratiquée par Simondon, un lexique est fourni pour aider le lecteur à entrer de plein pied dans la pensée simondonienne. Y sont discutées et (...)
Simondon fait partie de ces penseurs pour qui « il faut inventer des mots nouveaux pour exprimer des idées nouvelles »( [87]). Une idée véritablement neuve ne trouverait pas dans les cadres d’un langage établi une expression adéquate. Cette idée nouvelle qui « oblige » Simondon à une invention de mots et à un langage particulier est à (...)