La politique comme choix des mots
Nous disons multitudes au pluriel plutôt qu’au singulier, comme pour conjurer toute tentation d’hypostase unitaire venant au secours des opérateurs défaillants de la scène de la représentation : Dieu et la politique tirée de l’écriture sainte, le Souverain du droit naturel et de la volonté (...)
En partant du texte de Kafka sur l’Empire chinois et les nomades, nous dressons un tableau de la logique "schizo" de la multitude face aux nouvelles formes du contrôle. L’expropriation économique des réseaux de vie et de sens montre (...)
L’Empereur de Chine décida un beau jour de construire une muraille pour se protéger des nomades venus du Nord. La construction mobilisa la population entière des années durant. Kafka précise qu’elle fut entreprise par morceaux : un bloc ici, l’autre là, l’autre plus loin, et ces blocs ne se rencontraient pas (...)
Contre tous les avatars de la transcendance du pouvoir souverain (et notamment celui du « peuple souverain »), le concept de multitude est celui d’une immanence : celui d’un monstre révolutionnaire de singularités non représentables (...)
1. Multitude est le nom d’une immanence. La multitude est un ensemble de singularités. Si nous partons de ces constats, nous pouvons avoir immédiatement la trame d’une définition ontologique de la réalité qui reste, une fois le concept de peuple libéré de la transcendance. On sait comment s’est formé le concept de peuple dans (...)
L’ontologie de Toni Negri, comme philosophie politique de la multitude, suppose un rapport très particulier entre philosophie et politique, déterminé par la non-différence des deux, tout en refusant de les faire dériver l’une de (...)
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Il faut remettre la dialectique sur ses pieds. S’agissant de l’échange de statut entre le « constituant » et le « constitué », nous n’étions pas en effet très loin de ce mot du jeune Marx, quand nous avons dit que chez Foucault lui même le sujet n’est, dans sa résistance, assujetti ni au pouvoir ni par le pouvoir, (...)
B.K. : Dans le premier numéro de la revue Multitudes, nous avions formulé le projet de placer l’approche de la politique sur un tout autre terrain que celui de la philosophie politique telle qu’elle est pratiquée dans ses tendances dominantes. L’intention était surtout de lui conférer le caractère radical qu’elle ne (...)
L’appropriation par les Diggers, ou encore " Vrais Niveleurs ", des communaux de la colline St George, près de Londres, peut être considérée, au cœur de la révolution anglaise, comme la proclamation d’un pouvoir constituant en (...)
Le [39]dimanche 1er Avril 1649, deux mois après l’exécution du roi Charles I, un petit groupe d’individus visiblement fort pauvres prend possession des friches de la colline Saint Georges dans le Surrey, près de Londres, et prétend en faire le point de départ d’une vaste opération de réappropriation collective des communaux (...)
Répondant à une question d’Eric Alliez sur l’usage qu’il fait du concept de peuple et sur l’intérêt qu’il y aurait à lui substituer le concept de multitude, Jacques Rancière rappelle que le concept de peuple est (...)
Multitudes : Dans La Mésentente (Galilée, 1995), vous proposez l’analyse du conflit entre l’identification policière de la communauté (déterminant les places et les parts en fonction des identités) et une subjectivation politique ouvrant « des mondes singuliers de communauté », produisant de nouveaux champs d’expérience à (...)
Depuis le commencement, le libéralisme s’est pensé lui-même comme étant en guerre avec « la guerre ». La guerre étant considérée comme la pire menace pour la société civile dont le but essentiel est l’autonomie des individus. Le (...)
Depuis son commencement le libéralisme se conçoit comme étant en guerre avec « la guerre », qui représenterait l’une des plus grandes menaces pour la stabilité de la société civile, dont le but essentiel est d’assurer l’autonomie des individus, permettant ainsi le développement d’un « monde civilisé » et de la « (...)
C’est du point de vue de la force productive des « singularités » et de l’affirmation de la multiplicité des vertus et des talents, que le jeune penseur se révolte contre une raison qui discute, justifie et n’invente point. En (...)
On ne comprend pas Vauvenargues si on ne le lit pas du point de vue de la sympathie qu’il appelle et de la révolte qui le porte. Parlons de lui « affirmativement » [63] et, si possible, avec cette « chaleur » compatible avec la « justesse », comme il souhaitait que la vraie philosophie se fasse, indépendamment des écoles et de la mode. (...)
Répondant à deux questions de Y. Ichida relatives à la conception de la politique chez Deleuze et sur sa relation avec le concept de multitudes, François Zourabichvili est amené à préciser la conception in-volontariste qu’avait de la (...)
MULTITUDES : 1. Évoquant l’absence chez Deleuze de tout projet politique, vous avez parlé, dans « Deleuze et le possible » (Deleuze. Une vie philosophique, dir. E. Alliez, Les Empêcheurs de Penser en Rond, 1998), d’un « involontarisme » caractéristique de son « gauchisme ». Et vous avez repéré le politique deleuzien dans sa (...)
Étant donné la multiplicité des agencements politiques issus du social, rencontrés sur le Web, ce média apparaît ramener à son origine le point de transformation de la politique, au-delà d’arrangements possibles entre (...)
Sur les sites hébergeant du politique sur le Web (sont ils vraiment multiples ?)
Le champ des sites sur lesquels vous pouvez rencontrer du politique sur le Web est pratiquement illimité. En traquant le politique sur le web vous pouvez rencontrer une campagne sur le boycott du rhum Bacardi, une page personnelle consacrée au revenu minimum (en (...)
Répondant à une question de M. Lazzarato sur le rapport entre le concept de multitude et celui de classe ouvrière P. Virno relève des analogies et des différences entre le concept de multitude étudié par les philosophes du 17éme siècle, et qui (...)
MULTITUDES : Est ce que tu pourrais définir les similitudes et les différences entre le concept de « multitudes », tel qu’il a été pensé dans l’histoire de la philosophie et l’utilisatin que nous en faisons actuellement ? Entre le concept de « multitudes » et le concept de « classe ouvrière », y a-t-il continuité ou rupture ? (...)
Les droits de l’homme se sont historiquement constitués en référence à un droit naturel à la sécurité. Il semble donc difficile de limiter la puissance souveraine en s’appuyant sur le droit naturel qui l’institue. Nous sommes (...)
Par les temps qui courent, il semble judicieux d’affirmer que l’intensification des politiques sécuritaires, décidée par les États occidentaux, porte atteinte au respect des droits de l’homme. Cette opinion ne résiste pas à une enquête minutieuse, mais, en aucun cas, pour les raisons que l’on allègue généralement. (...)
Le livre de Jean Fabien Spitz, John Locke et les fondements de la liberté moderne, nous montre que, loin de l’image un peu fade associée à son nom, Locke est un grand innovateur politique, peut-être le premier adversaire moderne conséquent (...)
Le livre de Jean-Fabien Spitz : John Locke et les fondements de la liberté moderne [113] présente pour les multitudes un immense intérêt : il a, en partie, les mêmes adversaires qu’elles. Sous l’étendard a priori paradoxal de Locke, une véritable bataille y est en effet menée contre les philosophies de la souveraineté, y compris et (...)