Le pouvoir ne se définit pas hors des rapports de force qui le constituent. Il n’y a pas de pouvoir en tant qu’entité existant comme telle, une entité qui se partagerait et se distribuerait au gré des conflits, pas plus qu’il n’y a du pouvoir comme substance diffuse ou concentrée, une subtance qu’il faudrait mobiliser ou canaliser. Il n’y a pas lieu de s’interroger sur son essence car il est seulement rapports et seulement un rapport de rapports.
Il n’y a pas d’histoire linéaire, univoque, mais bien une histoire multiple avec la quelle il est toujours possible d’établir de nouveaux rapports en la faisant parler autrement, parce qu’elle est toujours autre.
L’autre histoire est celle du pouvoir constituant, force qui interrompt les équilibres prééxistants, les continuités que l’on croit fermement établies. Le pouvoir constituant est exigence de démocratie, contre toutes les équivoques de la souveraineté. Il est manifestation du désir irrépressible de liberté, contre les rigidités du politique, enfermé dans les limites des pouvoirs cristallisés en domination.
Il doit être saisi comme l’expression de singularités multiples, qui refusent toute clôture et cherchent à dépasserl es situations de déficience et de manque. Il met en crise les temporalités planes ou linéaires : il est de ce fait accélération du temps, augmentation de l’intensité des mouvements de la société.